Événement 1 - 10 septembre 2006 - Marathon Oasis de Montréal - 42.2 km - 4:21:53 (6:12 min/km)

Mon premier marathon à vie! C'est au début 2006 que je commence à courir, principalement pour me mettre en forme et pour perdre du poids (j'étais autour de 230 lbs à l'époque).

Mes premières courses sont d'environ 15 minutes, après quoi je m'empresse de me récompenser en déjeunant chez Cora ou en mangeant des nachos chez Nickels! Mes deux grands objectifs sont de courir le tour de la piste cyclable du lac Osisko à Rouyn (8 km), et d'être assez en forme pour monter à Québec en vélo... le premier objectif sera atteint, le 2e sera abandonné par manque de vacances à la job (j'ai préféré visiter la famille à Rouyn!).

Avril 2006, lorsque j'étais assez en forme pour courir 30-35 minutes (mais que je me contentais souvent de 20-25 minutes par paresse!), mon amie Malwina arrive soudainement motivée avec l'entraînement du marathon de Montréal... mais c'est quoi ça un marathon? 42.2 km? Plus de quatre heures de courses... no way! Pourtant ça me motive avoir un entraînement complet qui me dit quoi faire quel jour... et pourquoi pas! Sondage rapide sur MSN à savoir qui pense que je peux courir un marathon... personne n'y croit il semblerait (enfin, pas dans mon cercle d'amis du temps). Je leur montrerai bien!

Première journée d'entraînement de marathon je dois faire 40 minutes... mais je suis tellement motivé que j'en cours 70! Bon augure! L'entraînement va bien pendant les mois qui suivent... mais je dois admettre que vers la fin de l'été (mois d'août surtout), je suis un peu paresseux et les plus longs entraînements prévus sont réduits à une simple course de 25 km comme plus long entraînement (tout un saut de 25 à 42.2 km!).

Il faut dire que je m'entraîne la plupart du temps seul, parfois avec Malwina, et que je ne connais pas grand chose sur la course. Tous mes entraînements sont faits sur une piste de course intérieure à tourner en rond, donc 25 km c'était 150 tours de piste... un peu monotone, surtout que je n'apporte même pas de musique avec moi!! Je ne bois d'ailleurs que de l'eau et je ne mange que très peu après les entraînements... et je me demande pourquoi j'ai mal à la tête et que je me sens si mal lorsque je fais de longues distances (...)!

Le grand jour de l'événement arrive... je ne me sens pas trop prêt, mais bon on verra ce que ça donne! Je m'habille donc en coton de la tête aux pieds comme à mon habitude (pour les non-coureurs: pas une bonne idée!!), et je m'élance sur le parcours du marathon de Montréal. La température était idéale pour une course, assez frais et nuageux.

On commence sur le pont Jacques-Cartier... un départ impressionnant, surtout lorsque tous les coureurs se mettent à courir (1170 participants au 42.2 km) et qu'on sent le pont trembler sous nos pieds! Je connais alors très peu ma ville, mais voici ce que dit le parcours... un 5 km autour de l'Île Sainte-Hélène suivi d'un 5 km sur l'île Notre-Dame sur le circuit Gilles-Villeneuve... j'arrive à la pancarte qui indique 10 km et je me souviens m'être dit "wow déjà 10 km... un marathon c'est pas si difficile que ça après tout!".

On continue vers le centre-ville... Peel, William, McGill, De la Commune, Notre-Dame, Amherst, Ste-Catherine... et voilà qu'on arrive à la moitié du parcours, 21.1 km en 1:56:23! Wow, mon objectif de temps était justement 4 heures... ça va bien, je me sens encore fort!

Ça continue sur Frontenac, De Rouen, d'Iberville, Maisonneuve, puis on arrive à 25 km sur Berri en direction nord... une belle grande côte qui monte et monte et monte. Je n'ai jamais couru une seule côte de tout mon entraînement intérieur, je n'ai donc aucune pratique avec celles-ci. Je continue au même rythme et j'accélère même peut-être un peu... je dépasse plein de gens dans cette côte. J'arrive en haut, je fais un petit pit-stop aux toilettes portables et je continue... mais avec beaucoup plus de difficultés maintenant.

Je suis au 26e km, la plus grande distance que j'ai parcouru de ma vie. Je continue quelques kilomètres... de la roche, st-joseph, st-laurent, bellechasse, des carrières. Le parcours à ce stade n'est plus aussi beau, il n'y a pas grand chose à voir, j'ai passé la pancarte du 30 km et je suis complètement épuisé et mes jambes font mal... j'alterne marche et course. Je trouve qu'il fait d'ailleurs très froid avec les nuages et le vent, je suis tout en sueur et le coton garde toute cette humidité. J'arrive sur De Lorimier, une chance que je suis quelques rues plus au sud de Bélanger car je passerais en avant de chez moi et l'envie de quitter serait assez tentante.

Le reste de la course se déroulera très difficilement avec de plus en plus de marche... j'aurai des "shin splits" (mal aux tibias) assez intenses, même marcher deviendra difficile. Je pense à tous ceux qui m'ont encouragés et je refuse d'abandonner malgré la douleur et les pensées sombres... je n'aurais d'ailleurs jamais été capable de dire à mon boss de l'époque (M. Ed!) que j'ai abandonné, lui qui m'avait tant encouragé! Mais je me dis qu'il n'est pas question que je recommence l'expérience, pour moi les marathons c'est fini!

Le parcours est un peu cruel sur Rachel car on peut voir le stade olympique de tout près (i.e. la ligne d'arrivée)... mais on tourne pour s'en éloigner et faire une autre côte sur Pie-IX à la place! Je marche alors jusqu'au stade, et une fois rendu je trouve la force de courir de l'entrée du stade jusqu'à la ligne d'arrivée. Je dois admettre que le marathon de Montréal offre l'une des plus belles lignes d'arrivée qui soit, dans le stade avec l'écran géant, la foule et l'annonceur qui lit les noms des arrivants.

C'est donc avec beaucoup d'émotions que je traverse la ligne d'arrivée avec un temps (chip time) de 4:21:53... wow, finalement je m'aperçois que mon temps n'était pas si mal après tout, même si je visais plus haut (je pensais que la marche m'aurait davantage ralenti!). Je suis bien content de retrouver mes amis Elyse et Benoit qui ont décidés de m'attendre à la ligne d'arrivée. Ils me disent d'ailleurs que mes lèvres sont bleus tellement j'ai eu froid! Mon amie Malwina arrivera une demi-heure plus tard avec un grand sourire, sa famille l'attendant également à la ligne d'arrivée.

Voilà donc l'histoire de mon premier marathon! L'année 2006 sera une année qui changera ma vie à beaucoup de niveaux... j'ai perdu beaucoup de poids (j'étais alors autour de 185 - 190 lbs), j'ai gagné une grande confiance en moi et j'avais l'impression que rien n'était impossible après l'épreuve du marathon. J'embrasserai d'ailleurs Cinzia deux semaines plus tard (... ok c'est elle qui m'a embrassé!), et je déciderai de poursuivre mes études que je commençais à délaisser. Vive la course, et bien entendu ce ne sera pas mon dernier marathon!!

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Patrice Malwina
Patrice et Malwina