Événement 20 - 6 août 2011 - Vermont Spartan Beast - ~20.5 km - 6:02:44 (17:37 min/km)

Quelque temps après avoir fait le Spartan Race (Sprint 5 km) à Ottawa, j'entends l'appel du Spartan Beast qui se fait de plus en plus fort... c'est environ quatre fois la distance du Sprint, beaucoup plus hardcore, tout autant de plaisir sinon plus! Richard vient d'ailleurs d'avoir 30 ans pendant l'été, ce qu'on a passé un peu trop sous silence donc je décide de lui offrir de se défoncer comme il faut au Vermont pour fêter ça! Nous irons donc ensemble à Killington (tout un nom pour ce type d'événement!) pour affronter l'épreuve inaugurale du Spartan Beast! AROO!

De toute évidence, ça s'annonçait être beaucoup plus difficile qu'Ottawa et je prends l'entraînement un peu plus au sérieux: quelques séances de gym en plus de la course! Les organisateurs s'attendent à ce que les plus rapides réussissent en environ trois heures... ayayaye combien de temps est-ce que ça va nous prendre à nous, amateurs!? Entre ça, le waiver qu'il fallait signer et les entraînements recommandés (du genre séries de 100 pushups/squats/lunges/burpees), je dois admettre qu'on s'inquiétait tout de même un peu! Mais honnêtement on doutait que ça allait vraiment prendre trois heures aux plus rapides, à Ottawa les «élites» ont fait ça en environ 25-30 minutes alors on se dit que ça ne devrait pas leur prendre plus de 2 heures... et donc nous environs 4 heures. On verra bien de toute façon.

Nous faisions l'aller-retour dans la même journée, je pars donc de chez moi vers 5:30 le matin, je fais un arrêt chez Richard et nous arrivons à Killington pour 10:00. En arrivant là-bas nous apercevons l'énorme Montagne Killington Resort sur laquelle le parcours se déroulera... c'est une montagne de ski alpin avec une élévation qui dépasse les 1100m. Assez intimidant je dois admettre, mais beaucoup de plaisir en perspective!

Tout est super bien organisé là-bas (surtout comparé à Ottawa!), le stationnement est juste à côté et tout s'annonce bien. Si bien que nous devions commencer à midi mais puisque nous sommes arrivés à l'avance, on se lance au départ de 10:30 qui commençait au moment qu'on a terminé l'enregistrement. On s'était originalement dit qu'on ne commencerait pas trop en arrière comme nous l'avions fait la dernière fois (difficile de dépasser des files de personnes dans des trails), mais tant pis on court vers la ligne de départ au moment où ça commençait et commence tout en arrière du peloton.

Tout comme à Ottawa, on nous embrouille un peu dès le départ avec des fumigènes... mais cette fois-ci on ne perd pas de temps, tout de suite après nous avons notre (premier) saut par-dessus le feu! Je dois dire que celui-ci était bien élevé d'ailleurs, on pouvait sentir la chaleur qui s'en émanait... mais on se fait arroser juste avant le saut et tout va bien. On continue et plusieurs obstacles se succèdent, tout d'abord une série de murs et de filets au sol à traverser, puis des montées vraiment intenses sur la montagne et de la course en trails. C'est vraiment magnifique et ça respire la santé dans la forêt, la vue du haut de la montagne est tout à fait hallucinante! C'est d'ailleurs assez impressionnant de réaliser à tout le trajet qu'on a fait en montant.

Nous continuons les obstacles en sautant par-dessus plusieurs murs, passons en-dessous de certains, et nous arrivons bientôt à notre premier obstacle de bras; il faut faire monter et descendre un bloc de ciment en tirant sur une corde à laquelle il est attaché (par une poulie). Je fais assez rapidement le mien puis j'attends après Richard qui a pas mal plus de difficulté... je réalise rapidement que celui que j'avais prit était plus léger (le bloc était cassé); c'est quand même drôle de le voir se faire lever par sa corde tellement son bloc est lourd! Bon je n'aurai pas trop forcé pour cette épreuve, mais il en viendra beaucoup d'autres...

Bonne nouvelle contrairement à Ottawa, il y a des stations d'eau et il y en a en quantité suffisante! Nous avons apporté des gels (suppléments d'énergie pour coureurs), et nous continuons avec les autres épreuves... grimper un espèce de module en araignée, traverser 4-5 collines boueuses avec de petits étangs de boue entre chaque, toujours beaucoup de trails en forêt (maintenant davantage de descentes). Nous arrivons à des murs d'escalade qu'il faut traverser à l'horizontal, pas facile (grands pas) mais je réussis sans trop de problème; Richard se voit moins chanceux et, manquant son coup, se voit puni avec 30 burpees! Chaque épreuve manquée se résulte en 30 burpees, c'est un espèce de mélange entre un pushup et un squat, très demandant et épuisant!

Nous arrivons donc au 5e kilomètre et passons devant ce qu'ils appellent la «sortie digne»... une porte de sortie pour ceux qui n'ont pas la force de continuer pour les 15 autres kilomètres. Évidemment nous ne sommes pas venu jusqu'à Killington pour quitter comme des lâches, et nous continuons!!

Nous arrivons bientôt à un petit jeu d'équilibre, il s'agit d'une série de 2x4 d'environ 4 pieds plantés dans le sol formant des angles droits, il y en a environ 9, il faut tout traverser sans tomber... sinon c'est les burpees. Richard et moi faisons très attention et réussissons haut la main. J'adore ces jeux d'équilibre, c'est vraiment le fun!

C'est enfin le tour aux célèbres barbelés au-dessus de la boue... wow, il y en avait longtemps à ramper dans la boue (ceux-ci sont à environ 1 pied du sol), et on se fait arroser pendant qu'on passe pour être certain que tout le monde est bien trempe et boueux! On peut toutefois se rincer un peu dans un jet d'eau après cette épreuve, ça fait du bien!

Et puis encore davantage de murs, mais cette fois-ci allant de plus en plus haut pour atteindre 10-12 pieds... pas facile!! Je dois m'aider un peu avec le côté du mur comme, c'est un peu trop haut pour moi!

Vient ensuite le tour de la gravelle, nous emplissons un seau de 40 gallons et allons faire une boucle en le traînant avec nous... évidemment en plein côte pour ne pas que ça soit trop facile! On continue de monter pour arriver à une autre épreuve d'équilibre bien amusante, sauter sur des bûches plantées dans le sol tout en gardant notre équilibre (on s'en sort avec brio encore une fois, contrairement à bien d'autres que nous voyons!).

Vient maintenant la fameuse montée sur la corde à la verticale. J'avais une revanche à prendre sur cette épreuve suite à Ottawa... je monte donc sur la corde en essayant de m'aider avec mes jambes, mais je n'ai vraiment pas la bonne technique et j'ai de la difficulté (j'utilise presque seulement mes bras). Je réussis tout de même avec peine et misère à me rendre en haut de la corde, et lorsque je lâche la corde pour toucher à la cloche tout en haut avant de me laisser retomber, rien ne sonne. Je jurerais que quelques atomes de ma main ont touché à cette satané cloche et que j'ai réussi!!

Nous arrivons ensuite devant une grande affiche avec des mots et numéros différents à retenir selon notre numéro de participant... je me le suis tellement répété souvent que je doute maintenant l'oublier un jour: YANKEY-322-7038! Nous ignorons toutefois quand nous en aurons besoin...

Nous arrivons par la suite à la plus longue descente en trail que nous avons connue, c'était très à pique donc vraiment pas facile... surtout qu'il y avait une file de gens et que nous devions aller au rythme du plus lent. Vient rapidement après un petit étang dans lequel il fallait nager environ une cinquantaine de mètres... pas facile nager avec des souliers! Richard sait d'ailleurs plus ou moins nager et il n'y avait pas de flottes, il l'a donc trouvé long cet étang!

Puis c'est au tour des fameux sacs de sable... probablement une des épreuves les plus épuisantes du parcours. Chaque participant prenait un sac de sable de 50 livres et devait l'apporter avec lui dans les trails, au-dessus d'une grande côte, sur une distance de plus d'un kilomètre. Pas facile, beaucoup de gens ont dû prendre des pauses et on voyait beaucoup de sacs abandonnés dans la forêt. Suite à une petite chute avec mon sac je me suis coupé à deux endroits (de plus) dans la main gauche... ça aurait été une bonne idée d'avoir des gants! Fait intéressant: les filles n'avaient pas de handicap pour cette épreuve, leur sac était le même que le nôtre! Pour en rajouter, le prochain défi (immédiatement après) était une boucle sur laquelle il fallait tirer un traîneau plein de roches, et à travers de la braise à un certain moment!

C'était alors le moment de donner notre numéro, aucun problème pour moi: YANKEE-322-7038! C'est au tour d'un espèce de module comme nous pouvons trouver dans les parcs, où il nous faut nous agripper avec nos bras à des barres de métal pour traverser une certaine longueur sans toucher par terre... pas de problème de mon côté encore une fois.

Et viennent d'autres montées (on a monté la montagne au moins 3 fois je crois, certains disent 12,000 pieds au total), je dois admettre que nos niveaux d'énergie deviennent quelque peu plus bas, et Richard commencent à cramper dans les jambes... mais on s'imagine que ça achève (bien qu'en réalité nous n'avons aucune idée du temps ou de la distance restante).

Nous arrivons à un énorme lac que nous devons traverser... pas besoin de nager car nous pouvions marcher dans l'eau, mais c'était plein de roches énormes et de troncs d'arbres et de branches (on arrête pas de se cogner les jambes sur des obstacles invisibles sous l'eau!). On est tout de même content d'être arrivé dans le lac à temps, ils ferment l'accès aux participants suivants peu après notre entrée car tout dois être libéré pour 16:00, puisqu'il y a un mariage juste à côté. Je me dis qu'il est absolument impossible qu'il soit aussi tard, et j'imagine qu'ils veulent le fermer plus tôt que 16:00... ça ne peut pas faire 5h30 que nous sommes dans la course!

À la fin du lac Richard se trouve une flotte (ça devient plus profond), et il faut monter sur une échelle style hélicoptère. Il y a une file d'attente et je reste un peu trop longtemps dans l'eau à mon goût, je commence à sentir des crampes dans mes jambes. Je monte finalement sur l'échelle, puis à partir de celle-ci il faut se suspendre dans les airs sur une corde et la traverser style «commando crawl»; dans les films d'action ça a pourtant l'air facile, mais wow c'était beaucoup plus difficile que je ne croyais; et je ne suis même pas arriver au quart de la corde! Je sens des crampes énormes dans mes jambes et je dois me laisser tomber dans le lac et aller faire des burpees à la place (à «burpee beach» comme diront certains... je n'ai moi-même vu personne réussir cette épreuve, difficile quand ça fait aussi longtemps que tu forces!).

Nous arrivons à la fameuse épreuve du lancer du javelot... contrairement à Ottawa, il fallait ici non seulement touché la cible mais il fallait que le javelot reste planté dans la cible! Résultat? D'autres burpees...

C'est déjà la fin du parcours, mais bien honnêtement j'aurais aimé qu'il dure encore plus longtemps! Nous traversons un autre petit mur avec cordes et boue, nous avons un saut au-dessus d'un demi-cercle de feu et nous arrivons aux gladiateurs de fin de parcours. Je m'attendais d'ailleurs à me faire attaquer férocement par ceux-ci (un peu comme à Ottawa), mais j'ai été déçu lorsqu'ils ne m'ont qu'à peine effleuré avec leur bâtons coussinés. Nous traversons ensuite la ligne d'arrivée, recevons nos médailles et réalisons avec grand étonnement qu'il est maintenant 16:30... wow, 6 heures!! Il y a un super BBQ d'inclus pour les participants après la course, incluant un burger et une bière... l'organisation est extraordinaire, j'ai rarement eu autant de plaisir à une course et tout était superbe, félicitations Spartan Race, j'ai déjà hâte à mon prochain Beast!!

Je récupère très bien après cette course, bien que je découvre de petits coupures, égratignures et bleus un peu partout, dont un bleu énorme (10 cm de diamètre) causé par le fameux commando crawl (lorsque ma jambe frottait contre la corde). Mais je ne suis pas raqué à outre-mesure et je suis sur rush d'adrénaline les jours suivants la course, j'ai hâte d'en essayer d'autres! J'ai notamment entendu parlé du «Tough Mudder» qui semble être dans le même genre, on verra bien en 2012...

Côté statistique, il y avait environ 1900 participants, mais seulement 1400 ont terminé (certains ne se sont peut-être pas présenté, d'autres auront prit la sortie après 5 km, etc). Je dirais que presque le tier des participants était des filles, bon ratio considérant le type de course! Il devait y avoir un bon 10% de francophones, on pouvait régulièrement entendre le monde parler français... le Québec c'est pas très loin après tout! Le grand gagnant du Beast a été Marc-André Bédard (2:56:09, voir la photo des barbelés plus bas), un biathlète olympique québécois... selon son blogue il a trouvé que c'était l'une des épreuves les plus difficiles qu'il n'a jamais fait! Il a réussi à détrôner le grand champion des Spartan Races Hobie Call, qui venait d'en gagner 8 de suite... pour vous donner une idée de son calibre, il court des marathons (42.2 km) en 2h20! Il y avait d'ailleurs plusieurs vétérans de la course et du triathlon, certains ayant fait plus de 40 Ironman... on faisait assez petit à côté de plusieurs, mais on grandit un jour à la fois!

AROO!!

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Vidéo d'un participant (10m56)

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