Événement 24 - 19 février 2012 - Winterman (Ottawa) - 42.2 km - Non complété

L'hiver restera toujours ma saison d'entraînement la plus difficile. Entre le refroidissement et le temps des fêtes, je dois admettre que la motivation ni est pas toujours. Pour ajouter à mes soucis, avec toutes les routes et trottoirs enneigés je choisis souvent la course à l'intérieur sur tapis roulant, bien que c'est loin d'être aussi plaisant (sauf quand il y a une partie de hockey ou qqch à regarder à la télé!).

Bon je me plains peut-être un peu trop, nous avons tout de même eu un hiver très doux. J'ai d'ailleurs continué assez régulièrement la course, bien que généralement un peu moins intensément qu'à mon habitude. Après la course du 55 km, j'attends avant de me mettre un prochain objectif, mais j'ai le fameux marathon Winterman de Ottawa en tête... après tout, c'est pas mal le seul marathon d'hiver qui soit disponible à proximité! J'ai déjà fait le demi-marathon hypothermique de Montréal en 2011, c'est le fun d'essayer un nouveau défi.

Je le garde donc en tête longtemps sans m'inscrire, car j'étais incertain de mon entraînement et de ma forme physique. C'est fou à quel point le 55 km semblait déjà si loin déjà, bien que Winterman ne soit que 3 mois plus tard! Je cours quelques distances de 20-24 km, et puis le 5 février (deux semaines avant Winterman) je me lance un ultimatum : soit je cours 30 km dehors et que je m'inscris à l'événement, soit j'attends au printemps pour ma prochaine course! Ce serait d'ailleurs mon dernier marathon dans la vingtaine, ma fête étant en mars. Je crois que ce défi personnel que je me suis lancé était tout ce dont j'avais besoin... j'ai fait une belle course hivernale de 30 km qui m'a beaucoup motivé pour Ottawa. J'étais prêt!

... jusqu'au jeudi 16 février, 3 jours avant la course. Ma gorge commence à s'irriter, mon nez coule et je commence à afficher des symptômes de grippe ou de rhume (à presque 30 ans, je ne fais pas encore la différence!). Le vendredi j'ai une belle grosse toux, très peu d'énergie et des mots de tête. Le samedi je ne me sens pas beaucoup mieux, mais je décide tout de même d'aller à Ottawa... le pire semble quand même passé. J'ai la chance d'avoir mon père qui est récemment déménager là-bas, donc pas besoin de payer d'hôtel. Par contre j'aurais probablement dû l'avertir pour le traditionnel souper de pâtes (i.e. repas élevé en glucides et faible en gras la veille de la course)... nous mangeons une superbe raclette! Vraiment succulent, mais pas idéal niveau course.

Je me réveille donc tôt le dimanche matin, jour de la course, et je ne me sens pas bien du tout; très fatigué, énergie faible, encore malade. J'hésite, mais je décide tout de même de me rendre à la course. Je promets à Cinzia de ne pas trop en faire, pour moi la course c'est une célébration de la santé, alors la santé avant tout... si ça devient trop difficile et mauvais pour moi, j'abandonnerai, ce ne serait pas la fin du monde.

Excellente température, il fait entre -5 et -10°C... on a presque envie de renommer l'événement Springman. Je me rends sur le site et je rencontre plusieurs amis de Team in Training (Brent, Nancy, Sacha, Tony -- j'ignorais qu'ils allaient être présents à cette course!), ça me redonne une belle dose d'énergie et ça me remet en confiance... bien que j'ai quelques bonnes secousses de toux qui viennent me chercher jusqu'aux poumons de temps à autres.

Nous sommes quelques centaines de participants tout au plus si on compte toutes les distances, dont 69 à vouloir faire la distance de 42.2 km. C'est une petite foule bien sympathique, l'ambiance est agréable et il y a même une mascotte et quelques gars de l'armée (et oui, nous sommes bel et bien dans la capitale). Je connais assez peu Ottawa, je me plais à observer la ville. Le marathon commence au Musée Canadien de la Guerre, où Cinzia pourra se divertir un peu en m'attendant. Le parcours est toutefois assez peu intéressant à cause de sa répétition : il s'agît d'une première boucle de 7.2 km, suivi de 7 autres boucles de 5 km. Il serait quand même difficile de faire autrement en hiver avec les risques de neige encombrante, et je suis reconnaissant de la belle organisation.

Le départ est lancée avec un coup de canon. Je commence quelque peu en arrière de Brent et Tony car je veux aller un peu plus lentement; avec ma condition, je ne compte pas faire le marathon en moins de 4h30m (la limite est de 5h). La première boucle va plutôt bien, comme à son habitude; il fait beau dehors (c'est tout de même un bon vent), et c'est toujours plaisant être dans un événement sportif tel qu'un marathon. Par contre je dois admettre que mon rythme, bien que beaucoup plus lent qu'à mon habitude, est quelque peu difficile à maintenir...

Deuxième boucle, il est clair que quelque chose cloche. Il m'est plus beaucoup difficile de respirer qu'à l'ordinaire, je ne sens pas très énergétique. Je n'aime toutefois pas afficher mes faiblesses et je souris lorsque je vois mes amis passer ou lorsqu'une caméra prend des photos... mais j'ai des doutes en tête. En tant que marathonien d'expérience (si j'ose le dire), je sais pertinemment qu'un marathon, c'est encore plus dans la tête que dans les jambes que ça se passe. J'essaie donc de me convaincre de mon bien-être et que je suis capable, mais une petite voix négative dans un coin de ma tête se fait de plus en plus forte.

En fait j'ai presque envie d'abandonner à la fin de cette deuxième boucle car je doute de pouvoir terminer la course, mais je me dis : non, j'ai déjà abandonné un marathon une fois dans ma vie, et je me suis interdit de recommencer l'expérience. Bien entendu, la petite voix me rappelle que ce n'était pas dans les mêmes conditions; si Winterman avait été 5 jours plus tôt, aucun problème... mais là j'étais malade et j'avais promis à Cinzia de me pas trop en faire. De plus, Winterman amène une difficulté que les marathons réguliers n'ont pas : on ne peut pas vraiment se reposer en marchant une longue période, car avec la sueur et le vent j'aurais beaucoup trop froid.

Mais non, je ne veux pas quitter, je commence la troisième boucle. Toutefois les mêmes sentiments s'amplifient, je commence à prendre davantage de petites pauses de marche, et peu après la moitié de cette boucle je dois me rendre à l'évidence; je devrais encore être dans la partie « facile » de la course, mais je me sens déjà à bout, je dois abandonner. Je cours/marche jusqu'à la fin de cette boucle, j'aurai parcouru une distance d'un peu moins de 18 km en plus de 1h50. Je quitte le parcours et vais rejoindre Cinzia.

Après l'événement, je reste à l'intérieur pendant plus d'une heure et demie à reprendre des forces; décidément, j'étais encore plus affaiblie que je ne l'aurais imaginé. Contrairement au marathon que j'avais abandonné en septembre 2009 à Montréal, je n'ai pas honte cette fois... ma condition ne me permettait simplement pas de compléter la course. Je repars pour Montréal après m'être quelque peu remis.

Je me demanderai plus tard, pourquoi ai-je même participé à ce marathon, pourquoi ne l'ai-je pas changé pour un 21.1 km, distance qui aurait été plus raisonnable? Je crois que j'ai toujours vu le Winterman comme étant un marathon d'hiver, si je voulais faire un demi il y a toujours celui de Montréal la même fin de semaine... bon enfin, c'est trop tard. Je serai heureux d'apprendre un peu plus tard que tous mes amis auront terminé leur course avec brio.

J'écris de mémoire ce blogue presque trois mois après avoir participé à la course, je n'avais pas un très grand intérêt à décrire cette aventure et j'ai procrastiné longuement. C'est étrange comme un petit événement comme celui-ci peut avoir un impact négatif sur mon estime ainsi que sur la confiance en mes capacités. Aurais-je pu en faire davantage? Probablement pas. Mais de toute façon peu de temps après le printemps commencera vraiment à se pointer le bout du nez, et je me prouverai que j'ai encore bel et bien les capacités de courir, et que c'est toujours mon sport!

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