Événement 25 - 6 mai 2012 - GoodLife Fitness Toronto Marathon - 42.2 km - 4:18:28 (6:07 min/km)

Le printemps, c'est ma saison pour la course. Les routes et les sentiers sont davantage accessibles, il fait beau ça sent bon et la motivation est à son apogée... rien de tel qu'une belle course printanière en nature. Nous avons eu une semaine très chaude à la fin mars, toute la neige a fondue et j'en ai profité.

Bien que n'ayant pas complété Winterman au mois de février, j'étais bien entraîné et ça ne fait que progresser. Le 31 mars je me permets un magnifique entraînement de 31.5 km avec la gang de Team in Training, nous le faisons quelque peu lentement (3h42) mais tout va pour le mieux. Cinzia et moi décidons que nous irons visiter une cousine de ses cousines à Toronto, et bien entendu je m'arrange pour y aller la fin de semaine du marathon de Toronto! Le marathon d'Ottawa me tente également beaucoup car je connais plein de gens le faisant, je l'ai déjà fait en 2010 et je choisis d'en essayer un nouveau.

L'entraînement va de plus bel, le 14 avril je décide d'aller jusqu'à la plage d'Oka (32.5 km aller-retour de chez moi), c'est magnifique et un petit renard s'est même laissé apercevoir. Je vais courir quelques fois avec mes amis Stéphanie et Jean-Guillaume, ainsi qu'une fois au deux avec Team in Training. Je me souviendrai d'ailleurs longtemps d'une belle course avec Stéphanie le 22 avril, il faisait généralement beau et chaud (i.e. plus de neige depuis un bout de temps) mais par ce beau dimanche matin il y eu une petite neige légère au haut des montagnes à Montréal (derrière l'Oratoire entre autres). C'était tout à fait magnifique de voir cette neige légère sur fleurs et sentiers.

Arrivé à la fin de semaine du marathon, je réalise qu'il y avait longtemps que je ne m'étais pas senti aussi bien préparé pour une course, et que ça avait été une superbe saison pour moi. Je pète le feu!

Qu'est-ce que je m'attendais du marathon de Toronto? Honnêtement, pas grand chose. Je n'ai jamais vraiment visité Toronto (j'y suis allé une fois quand j'étais enfant, mais j'ai peu de souvenirs de ça), et avec toute la rivalité Montréal-Toronto et francophone-anglophone j'ai toujours eu en tête que Toronto n'était pas une si belle ville. Eh bien, mon opinion changera certainement pendant cette courte fin de semaine! Je découvrirai plusieurs endroits magnifiques dans la ville, et je rencontrerai des gens très accueillants.

Je passe une belle fin de semaine en compagnie de Cinzia et de sa cousine, nous irons entre autres nous promener dans le quartier italien (où j'achèterai un film en VHS... oui oui nous sommes bien en 2012!), nous irons à un club de comédie, etc. Le samedi midi nous mangeons au pub « L'idiot du village », c'est vraiment drôle et le menu inclus entre autres « goofy guy pizza », « idiot pizza », « fool pizza », « mr. silly pizza », etc. Cinzia prend une salade d'idiote, pendant que je carbure aux pâtes. Le menu pouvait aussi lire « In an Idiot Pub you are allowed to eat dessert, increase your high blood pressure, cholesterol, weight, and forget about your Village Doctor's advice but don't forget your medication! ». Les gens étaient sympathiques et nous avons bien ri, je crois qu'un concept similaire aurait du succès à Montréal.

Mais c'est pas tout de rigoler, j'ai une course à faire! Je me rends au marathon le dimanche matin en voiture (fait divers : les métros n'ouvrent qu'à 9:00 le dimanche à Toronto!), par chance je retrouve deux amis de Team in Training : Cédric et Marc-André. Toronto et ses environs offrent plusieurs marathons, le GoodLife Fitness Toronto Marathon n'est définitivement pas le plus gros, mais ça reste un très grand événement sportif : plus de 11,000 participants tout événement confondu (demi-marathon, 10 km, etc), dont 2,100 pour le 42.2 km. Par contre il y a relativement peu de coureurs d'élite, le gagnant aura un temps de 2h27m57s et dans le top 10 des résultats on peut y retrouver 8 canadiens et 2 italiens; bref, les kényans et les éthiopiens ne se déplacent pas pour cette course.

Cette fois-ci, je n'ai aucun défi de temps. J'ai parfois couru lentement, parfois plus rapidement, et le plaisir m'importe davantage que le temps. Je pense tout de même le terminer quelque part entre 4h et 4h30, mais je refuse de me donner un objectif, et je ne regarderai que très peu ma montre pendant la course. Cédric se donne un objectif plus agressif (autour de 3h30), tandis que Marc-André vise à peu près les mêmes temps que moi.

Le matin de la course il fait environ 6 ou 7°C, et il fera jusqu'à 17°C en après-midi. Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais je m'habille avec des pantalons longs et je mets même un chandail assez chaud par-dessus mon t-shirt. Je ne voulais pas avoir froid pour le départ, mais je réaliserai vite que j'ai vraiment exagéré et que j'ai été quelque peu stupide... presque tout le monde autour était en culotte course et en t-shirt! Mais bon, c'est pas trop grave -- au moins je n'ai pas de grippe!

Le départ est donné à 7h30, Marc-André et moi commençons ensemble mais nous savons ce qu'est une course, si un des deux veux aller plus vite ou plus lentement et continuer en solo, il est tout à fait libre de le faire. Une mascotte des Mapple Leafs donnent des « high five » aux participants, on s'en éloigne... pas question d'encourager les Leafs. Il aurait quand même été drôle de le faire si l'un de nous deux avait porté un t-shirt des Canadiens.

Le parcours ne se termine pas où il commence. Le départ est donné dans North York, puis nous passerons par Midtown et pour terminer dans Downtown. Plusieurs endroits de la ville m'ont vraiment plu, j'adore lorsque nous passons par (ou près) des parcs, près de l'eau, ou dans de petites rues bien tranquilles avec des arbres et beaucoup de nature... ça semble me donner de l'énergie.

Lorsque nous arrivons au centre-ville, outre les grands bâtiments (c'est drôle mais je trouve Montréal plus impressionnante au niveau de la concentration de gratte-ciels et du centre-ville), nous allons près de la marina et du lac Ontario, et c'est vraiment magnifique et paisible. Il y a beaucoup de gens qui sont là pour nous encourager et c'est très agréable. Je crois que le parcours a été modifié au fil des années, car j'avais entendu dire qu'il passait à un moment donné par un chemin de fer, et je connais un participant qui une année a dû attendre presque 15 minutes pendant qu'un train passait!! Ça doit vraiment être difficile de repartir après. Il paraît que certains coureurs passaient même entre les wagons en motion...!!

Un petit détail que je trouve bien dommage, c'est que les t-shirts du marathon pour femmes sont mauves. Pour moi les participants de Team in Training ont toujours été faciles à trouver grâce à cette couleur qui leur était assez unique, on peut presque dire qu'il y avait une règle non-écrite indiquant que c'est leur couleur. Or, dans le marathon je pensais régulièrement apercevoir des gens de TNT mais qui en fait n'étaient que des participants réguliers. Dommage.

Le marathon va vraiment très bien, Marc-André et moi jasons pendant plusieurs heures avec quelques petits silences... c'est très agréable de courir en duo, je suis reconnaissant qu'il était là (et vice-versa je crois!). Fait divers, pendant la course je rencontre un italien nommé Marco (de Palermo je crois) qui fait partie d'un groupe de course "Group Forrest" et qui crie et encourage tous les coureurs autour de lui, j'en profite pour pratiquer un peu mon italien... décidément on ne sait jamais ce qui se passera pendant un marathon! Rendu à 27 km nous sommes encore au top de la forme (enfin presque), mais de 27 à 30 km nous commençons à voir quelques signes de fatigue. 30 à 34 est davantage difficile, et c'est à ce moment que nous décidons finalement de nous séparer, il préférait prendre une petite pause de marche lorsque je préférais continuer.

Je cours donc les 8 derniers kilomètres en solo. Jusqu'à 38 km, ça va relativement bien... après ça devient très difficile, j'alterne la course avec quelques petites pauses de marche. C'est fou à quel point que même si je me répète sans cesse « il ne reste même pas 30 minutes, c'est rien », la fatigue refuse de lâcher prise. Je persévère tout de même, et Marc-André me dépassera sans que je ne m'en aperçoive (je me demande où je regardais?). Marco me dépasse en criant "VAI PATRIZIO VAI!!" (go Patrice go) pour m'encourager, ça me donne quelques forces et un sourire! Je termine avec grande fierté en 4h18m28s, une minute après Marc-André... Cinzia était là pour nous à la ligne d'arrivée. Ça nous a tout de même prit un bon 40 minutes pour réussir à se retrouver sur le site une fois la course terminée par contre!

Je suis vraiment content du résultat de cette course, j'ai rarement eu un marathon qui s'est aussi bien déroulé du début à la fin. Je n'ai d'ailleurs pas eu de crampes cette fois-ci, contrairement à certaines autres fois plus désagréables! Malheureusement pour Cédric, de son côté ça n'a pas été aussi bien -- il a été malade à 36 km et a dû quitter le parcours... mais je sais qu'il n'en reviendra que plus fort la prochaine fois.

La médaille est complètement ridicule, dans les dernières années les événements ont cessé de donner le traditionnel petit modèle standard rond et fabriquent plutôt des formes et motifs plus uniques, et ça devient de plus en gros... mais je crois que Toronto a exagéré. Cette dernière est un gros carré d'environ 12x12 cm, je l'ai surnommée « ma poêle à frire ». Ça faisait mal au cou de la porter plus de quelques minutes après la ligne d'arrivée tellement elle est lourde.

Je me permets un hot-dog et une poutine après pour récupérer (mais à Toronto, c'est pas du Morasse Poutine!) -- et le soir je me paie la traite avec du homard... il faut bien se récompenser! Je récupérerai très rapidement de ce marathon, à peine quelques jours après je continuerai à courir de bonnes distances. Le prochain grand défi demandera toutefois davantage d'entraînement niveau musculaire : Spartan Beast à Ottawa à la fin juin!

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