Événement 32 - 23 septembre 2012 - Marathon Oasis de Montréal - 42.2 km - 4:14:44 (6:02 min/km)

Ceux qui me connaissent bien savent que j'aime éviter de refaire des parcours déjà faits par le passé, après tout il y a tellement de courses à faire et d'endroits à visiter. Mais voilà que le Marathon de Montréal fait maintenant partie de la Rock 'n' Roll Marathon Series et possède un parcours différent (enfin quelque peu) de celui que je connais... difficile d'y résister! Le concept de cette série : « une course tellement rock 'n' roll que les marqueurs de milles sont des groupes rock » !

J'ai fait beaucoup de courses par les années passées, mais je dois admettre que ce marathon représente quelque chose de plus pour moi : c'est un retour aux sources. C'est LE marathon pour lequel j'ai apporté tant de changements dans ma vie en 2006. C'est notre course locale, à chaque année je connais des dizaines de personnes qui le courent sur une distance ou une autre, avec une présence toujours massive de participants (ou anciens participants) de Team in Training. En ajoutant à tout ça le fait que ce sera ma première course Rock 'n' Roll, l'excitation est à son comble!

Étant occupé le samedi avec une promenade littéraire sur les patriotes que j'ai gagné à St-Eustache (merci 98,5 fm, c'était vraiment super!), je décide d'aller à l'expo-marathon le vendredi soir. Wow, quelle exposition ce fut! C'est définitivement l'une des plus grosses à laquelle j'aurai participé, il y a énormément de gens et plein de kiosques partout. Il y a une grosse partie divertissement qui fait très américaine (Rock 'n' Roll Marathon Series est une compagnie de San Diego), en fait c'est peut-être un peu « too much » sur certains aspects, mais d'un autre côté au Québec on a parfois tendance à ne pas vendre assez nos événements, alors pourquoi pas! D'ailleurs j'ai beaucoup aimé la tente Team in Training, qui avait une pyramide de souliers portant de petites bulles du genre « j'ai couru le marathon de Paris », « I ran Madrid! », etc... il faut juste ne pas trop s'en approcher, car des souliers de coureurs ça ne sent pas toujours les roses -- mais le concept était super. ;-)

D'année en année le Marathon Oasis de Montréal devient toujours plus gros; selon les journaux cette année nous étions plus de 27,000 participants! Tout était sold out depuis bien longtemps (à l'exception du 1 km pour enfants), je me demande bien combien de coureurs nous pourrions atteindre si des limites n'étaient pas imposées.

Cinzia marchera le 21,1 km avec des amies pendant que je m'attaquerai au 42,2 km à la course. Le dimanche matin nous nous rendons vers l'Île Ste-Hélène en métro, remplis d'énergie des pâtes mangées la veille. Le départ des deux distances se donne en même temps sur le Pont Jacques-Cartier, et nous retrouvons plein de gens que nous connaissons sur le site. Étant plus de 11,000 participants pour des départs simultanés, 18 groupes de départ sont organisés sur le pont selon les vitesses prévues afin d'éviter les embouteillages. C'est un peu long pour les marcheurs (surtout avec quelque bourrasques de vent froid sur le pont), mais c'est très fonctionnel. C'est un matin frais (autour de 10°C), outre le vent on peut difficilement demander mieux comme température pour une course.

Je courrai ce marathon seul, je ne suis pas dans les mêmes groupes que mes amis. Le départ est donné peu après 8:30, mais je me trouve à commencer une dizaine de minutes plus tard avec les corraux. Aussitôt la course débutée, nous descendons du pont pour faire le tour de l'île... mais après un demi-kilomètre je dois déjà m'arrêter pour un petit arrêt pipi : pas question de retenir ça pendant 4 heures! Il faut dire que c'est mon troisième arrêt en moins d'une heure, mais bon avec l'excitation et tous les liquides, parfois il faut y aller!!

Les coureurs du 42,2 km font exactement la même première moitié du parcours que les demi-marathoniens, nous avons donc de la compagnie pendant assez longtemps. C'est la plus belle partie du parcours, après l'Île Ste-Hélène nous faisons le tour de l'Île Notre-Dame (i.e. le Circuit Gilles Villeneuve), nous passons par le Pont de la Concorde, nous allons dans le vieux port, au centre-ville et ça se termine au Parc Lafontaine.

L'aspect souvent critiqué par le passé du marathon de Montréal est le manque d'enthousiaste et de participation de la foule, le fait que presque personne ne sait qu'il y a un marathon même si celui-ci se dit de statut international. J'ignore si c'est grâce au nombre de participants grimpant, mais j'ai trouvé le tout beaucoup mieux que les autres années pendant lesquelles j'avais participé à l'événement. Bon ça reste très peu face à d'autres marathons canadiens d'envergure (Ottawa, Vancouver, etc), mais au moins cette année après la course on retrouvera l'événement en première page de certains journaux plutôt qu'un petit carré perdu à la toute fin!

Bien entendu ce n'est pas sur les îles que nous retrouvons le plus de spectateurs (il n'y a pas de place et c'est difficile de s'y rendre), mais une fois rendu en ville (et surtout quand on approche des groupes de musique) il y a de belles foules pour nous encourager. Dans le vieux port je passe devant une belle gang de gens de TNT qui sont toujours aussi flamboyants!

Lorsqu'on approche du Parc Lafontaine l'excitation est à son comble, puisque c'est la destination pour toutes les distances; il y a des gens partout, on entend de la musique et beaucoup de bruit, même que le corridor de course sur la rue rapetisse tellement il y a de gens sur les côtés. Évidemment l'accueil est extraordinaire pour les demi-marathoniens qui finissent, mais ça laisse tout un vide lorsque les coureurs du 42,2 km continuent plutôt vers le nord pour amorcer leur deuxième moitié du parcours. Le nombre de participants chute alors drastiquement et il y a beaucoup moins de spectateurs, ça laisse un petit vide mais ce n'est pas long qu'un autre groupe de musique fait son apparition et on ne se sent alors plus du tout délaissé.

À la marque du demi-marathon j'étais autour de 1h49. 1h49!! C'est normalement le genre de temps que je fais au demi-marathon, je trouve ça pas mal rapide puisque je dois compléter une distance 42,2 km. Il faut dire qu'après le demi-marathon de Granby (deux semaines auparavant), où j'ai fait mon meilleur temps en course officielle au demi-marathon (1h38), j'accélère presque naturellement... je me sens bien, mais je sais pertinemment que ça pourrait rapidement se retourner contre moi; c'est long un marathon!

Qu'est-ce qui se prépare pour la deuxième moitié du parcours? Pas grand chose. Un aller-retour à l'ouest jusqu'à de Bullion, un aller-retour au nord jusqu'à Jarry, un aller-retour à l'est jusqu'à Pie-IX. Bref, de grandes rues droites avec peu de choses à voir. Bien entendu il y a des spectateurs pour nous encourager (dont un qui sort même de petits M. Freeze!), mais je suis déçu de cette partie du parcours. Il y a tant de belles places à voir, dont le Mont-Royal, le fleuve et le Canal Lachine... certes il y aurait beaucoup moins de visiteurs (peut-être les sentiers du Mont-Royal sont-ils trop étroits pour des milliers de coureurs?), mais ça serait définitivement plus agréable. M'enfin, c'est le petit côté négatif que j'ai trouvé à cette course.

Arrivé au 30e kilomètre je suis toujours sur ma lancée de fou... en fait je suis même plus rapide que le temps que j'ai enregistré trois semaines auparavant dans une course de 30 km à Sainte-Catherine-de-Hatley, sauf qu'à ce moment-là j'avais pas mal tout donné et je n'avais pas un autre 12 km à faire... maintenant je m'enligne sur un temps de 3h38, soit une demi-heure plus rapide que mon meilleur temps au marathon. Hmm...

C'est autour du 32e kilomètre que j'en paie le prix. Aille, de belles grosses crampes pour mes quadriceps qui m'obligent à continuer à la marche le temps que ça passe. Bon c'est pas grave je rajouterai 5 minutes à mon temps. Je recommence à la course après quelques minutes, mais les crampes persistent... et persisteront jusqu'à la fin de ma course, ce sera donc un dernier 12 km très pénible.

Plusieurs personnes m'ont conseillé d'apporter du sel (idéalement en pilules mais même en petits sachets ça fonctionne) pour aider avec les crampes, il paraît que ça marche super bien. C'est un problème qui m'est récurrent dans les distances dépassant les 30 kilomètres, mais ça fait tellement longtemps que ça ne m'était pas arrivé que j'avais complètement oublié le conseil (doh!!), et ça me coûtera donc la barre des quatre heures que j'espérais enfin franchir : je termine juste sous 4h15.

Néanmoins je suis très heureux de cette course au Marathon Oasis de Montréal. Que de joie de retrouver tant de gens que je connais, de courir ici et de voir la ville vibrer. L'expérience Rock 'n' Roll était vraiment bien, nous avions de la bonne musique (surtout des gros hits connus), c'était des chansons surtout anglophones mais j'ai tout de même entendu Bonyeu des Colocs! Puis la scène principale au Parc Lafontaine a accueilli Martin Deschamps et Brigitte Boisjoli lors de la fête d'après-marathon. D'ailleurs je dois mentionner que dans les jours qui suivront le marathon, je n'aurai jamais auparavant entendu autant de gens (non coureurs) parler de marathon et de course comme ça... c'est beau à voir car quelle que soit la distance que les gens parcourent, la course représente un si beau mouvement collectif de bien-être et de santé. Le soir venu nous allons à une belle soirée de célébration d'anciens participants Team in Training où nous nous payons la traite et jasons entre amis, quel bonheur!!

À peine quatre semaines après avoir marcher 60 km lors du Weekend pour vaincre les cancers féminins, Cinzia termine le demi-marathon avec brio en 3h34... elle a prit le tout un peu plus relaxe qu'à l'habitude puisqu'elle marchait avec des amies, et elle a eu une très belle expérience. Je dois néanmoins ajouter une petite parenthèse un peu plus sombre : les marcheurs n'ont pas tout à fait eu droit au même traitement que les plus rapides. Moins de spectateurs, moins de service (beaucoup de bénévoles étaient extraordinaires, mais quelques uns étaient un peu plus lassés à ce point-ci...), même que lorsque Cinzia est passée à la dernière station d'eau tout était déjà rangé (incluant l'eau) et pourtant il restait plusieurs autres participants derrière elle. Le focus est bien entendu sur les coureurs, mais il y a beaucoup de marcheurs présents et il ne faudrait pas les oublier (comme le font malheureusement trop souvent les médias!) ni les négliger. Bref, nous donnerons notre feedback afin de mieux rectifier le tir l'année prochaine, afin que tous puissent bénéficier du même traitement positif... car en ce moment je ne recommanderais pas Montréal comme destination à quelqu'un qui voudrait marcher un demi-marathon!

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