Événement 43 - 12 juillet 2014 - Tough Mudder (Bromont) - ~17 km - ~2:00:00 (7:04 min/km)

Au lendemain de mon premier Spartan Beast en août 2011, j'ai parlé à mon ami Richard d'un nouveau défi, Tough Mudder, qui n'existait pas encore au Canada. Il s'agît d'une course à obstacles d'environ 18-20 km conçue par les forces armées britanniques, et qui prétend être l'événement en son genre le plus difficile sur la planète (c'est eux qui le disent!). En fait je parle de course, mais eux disent qu'il s'agît plutôt d'un défi que d'une course, d'autant plus que les participants ne sont pas chronométrés (afin de les encourager à s'entraider entre eux).

L'événement n'est arrivé à Montréal qu'en 2013, mais la date n'était pas bonne pour moi... j'étais donc anxieux de finalement pouvoir y participer, depuis le temps que je l'attendais! J'ai toutefois beaucoup hésité avant de m'y inscrire, notamment car cette fois-ci je serais seul (et c'est un événement axé sur l'esprit d'équipe!), mais aussi car je trouvais les frais d'inscriptions vraiment trop élevés pour les inscriptions de dernière minute (270$ avec stationnement et taxes, en plus du gaz pour s'y rendre!!), et finalement, je dois l'admettre... j'avais peur!! Je n'étais vraiment pas certain d'être assez bien entraîné pour ce genre d'événement, surtout au niveau du haut du corps. Mais les courses Mud Hero et Totale Bouette m'ont rappelé à quel point j'aime participer à de tels défis, et au lendemain de Totale Bouette j'ai finalement accepté de payer leurs frais exorbitants... donc plus question de reculer!

Le parcours est construit sur les 400 hectares de terrain de l'aéroport de Bromont utilisé par les avions d'Air Cadets. Dès mon arrivée je peux constater qu'il s'agît d'un terrain très plat, qui permet aux spectateurs de bien suivre les participants (moyennant un frais de 20$!) puisque nous allions faire beaucoup de va-et-vient entre les différentes rangées séparées par des banderoles. L'ambiance est vraiment très festive, il y a de la musique, et il y a beaucoup de gens avec des t-shirts d'équipe et tout le monde est très excité (et certains quelque peu apeurés!) face au défi qui nous attend.

Le départ de la course est assez intéressant, avant même de franchir le fil de départ nous devions traverser un premier obstacle, soit un mur à grimper pour nous permettre de nous rendre dans l'enclos de départ. Il y avait là un animateur (très divertissant!) qui nous expliquait les détails de l'événement, par contre je trouve que l'organisation Tough Mudder s'auto-glorifie beaucoup et se croit parfois un peu trop... mais bon, je consens qu'il faut bien qu'ils fassent leur marketing! ;-)

Le site web de l'événement est vraiment complet quand vient le temps de se préparer. Tous les obstacles offerts sont nommés, accompagnés de plusieurs photos (parfois vidéos), avec un classement au niveau de la force, de l'agilité, du courage et de la camaraderie nécessaires, en plus de donner les taux de succès des obstacles difficiles, des astuces pour les franchir, des suggestions d'entraînement et ils offrent même un forum de discussion... WOW! Et tout ça offert de façon souvent humoristique et sarcastique! :D

J'étais donc préparé et je dois l'admettre, j'ai été impressionné par leurs obstacles. Au départ on atteint assez rapidement le mud mile, avec des trous de boue très creux à traverser. Ils étaient en fait si creux et boueux (donc glissants) qu'il était même parfois difficile d'en ressortir par la suite. Les trous étaient d'un profondeur d'environ 6-8 pieds, et contenaient de l'eau qui allait jusqu'à ma taille. On pouvait dès lors voir l'esprit d'équipe des mudders entrer en action, avec des participants qui tendaient la main pour aider les suivants à en sortir.

Il y a eu la traditionnelle traversée sous les fils barbelés (baptisée le kiss of mud), des tranchées et des tuyaux à traverser, des obstacles à grimper, des billots à transporter, des murs à escalader, et j'en passe. D'ailleurs quand je parle de mur, on est dans une toute autre catégorie que les courses à obstacles que je connaissais... il y avait des murs d'environ 8 pieds qui étaient inclinés vers nous (donc on ne pouvait pas s'aider avec nos jambes!), ainsi que des murs qui devaient faire environ 12 pieds... je dois admettre avoir nécessité un peu d'aide pour ceux-là!

À un certain moment, il fallait transporter un camarade pendant plusieurs centaines de mètres. Le gars près de moi a accepté de se prêter au jeu, mais il était assez colosse et dépassait facilement les 200 livres... ouff! La fin de la marche fut quelque peu pénible, car voulant trop compléter le parcours avec succès, mon dos a commencé à faire mal et j'ai continué malgré tout (maudit orgueil!)... ce mal de dos me suivra tout au long de la journée par la suite, mais heureusement j'ai tout de même été capable de continuer (ça se replacera au cours des jours subséquents).

J'ai tout de suite après eu l'occasion de me rafraîchir avec le arctic enema... voilà un obstacle qui en fait reculer plus d'un! Un conteneur est rempli d'eau froide, très froide, et il ne faut pas simplement traverser cette eau, il faut se submerger complètement afin de passer sous un obstacle de bois dans l'eau! Un camion est stationné à côté du conteneur afin de continuellement refroidir l'eau en y ajoutant des dizaines de sacs de glace. Je dois dire qu'après avoir fait cet obstacle, le Ice Bucket Challenge semble vraiment être un jeu d'enfant! J'avais lu en ligne sur cette épreuve qui en terrorise plusieurs, mais c'est lorsque j'ai été complètement submergé sous l'eau que j'ai compris à quel point ça pouvait être difficile à supporter!! Surtout à la tête et aux parties intimes... brrr! Heureusement il faisait assez chaud dehors, et une pancarte nous taquinait en nous indiquant par la suite : « Vous avez froid? Vous n'avez qu'à courir plus vite! ».

J'ai eu un petit moment de fierté un peu plus tard à l'obstacle funky monkey (des barres fixes). Ça commençait avec quelques barreaux à l'horizontal, mais s'ensuivait une inclinaison verticale d'environ 30° pendant une douzaine de barreaux, avant de redescendre et de finir à l'horizontal. Ça n'a jamais été ma grande force ces barreaux (même à l'horizontal!), et dès que ça a commencé à monter j'étais convaincu de ne pas pouvoir y arriver, mais je me suis dit... je suis capable d'en franchir un autre... puis un autre... puis un autre... et voilà qu'avec un grand sourire et une fierté personnelle, j'étais de l'autre côté... yééé!

Un autre obstacle très intéressant : walk the plank. On monte en haut d'un plongeon de 12 pieds afin de sauter dans une immense piscine (lire: trou de boue). Bien entendu le trou est assez profond pour nous permettre de sauter de façon sécuritaire, et il y a 2 plongeurs (avec bonbonnes d'oxygène et tout l'équipement) prêts à intervenir s'il y a un problème. Il faut dire que cet obstacle a causé la mort par noyade d'un participant en avril 2013 aux États-Unis, lorsqu'un autre participant lui a accidentellement sauté dessus. On peut donc se douter que l'organisation de cet événement s'est grandement améliorée depuis. Il s'agissait d'un moment spécial pour moi car j'étais enfant la dernière fois que j'ai tenté de sauter d'un plongeon aussi haut, et une fois rendu en haut j'ai été trop effrayé pour sauter à l'eau et j'ai dû redescendre honteusement par l'échelle. J'avais donc la chance de conquérir une vieille peur d'enfance lors de cet événement! Une fois monté en haut du plongeon, c'était en effet très haut et quelque peu effrayant... mais je n'ai pas eu de difficulté à me lancer dans le vide cette fois-ci! C'est donc maintenant officiel, comme dirait Huggies : je suis grand maintenant!

Vers la fin du parcours on pouvait apercevoir un grand classique du Tough Mudder : l'Everest! Il s'agît d'une rampe montante très élevée qui a été conçue de façon à ce qu'on ait besoin de s'entraider pour réussir à l'escalader (à moins d'être vraiment intense!). On court rapidement et on commence à monter l'obstacle, et lorsque c'est rendu trop apique on saute pour s'agripper au haut de la rampe, où d'autres participants nous soulèvent pour nous aider à franchir la dernière partie. Je crois que mon poids en a surpris plus d'un, car ils ont dus se mettre à trois afin de m'aider à monter jusqu'en haut!! J'ai rendu la pareille à quelques participants qui me suivaient par la suite.

Et finalement le tout dernier obstacle de Tough Mudder, et probablement celui qui a rendu l'événement si populaire... l'electroshock therapy! Comme leur site web l'indique, ils veulent nous faire travailler pour mériter la bière gratuite offerte en fin de parcours! Il y a 10,000 volts d'électricité qui passent dans une multitude de petits fils suspendus dont les bouts sont dénudés et conséquemment donnent des chocs électriques. C'est en fait le deuxième obstacle à électricité de l'événement, il y avait d'abord le electric eel, pendant lequel nous devions nous faufiler sous les fils dans la boue... cette fois-ci nous devons plutôt courir dans les fils le plus rapidement possible afin de se rendre à la ligne d'arrivée. Pendant ces obstacles on entend régulièrement des ouille, des ouch et des ayoye tab@#$&*! De mon côté, j'ignore comment mais j'ai réussi à traverser tout le parcours sans me faire toucher! J'étais content, mais tout de même un peu déçu (petit côté maso?!) de ne pas avoir vécu la pleine expérience, ne m'ayant pas fait électrifié... mais bon, je pourrai toujours refaire la course si j'y tiens vraiment!! ;-)

Récompense en fin de parcours : bandeau Tough Mudder, t-shirt de finissant et bière! J'ai été vraiment impressionné par la variété d'obstacles offerts par l'événement, je comprends maintenant un peu mieux les frais d'inscription élevés... il faut bien préparer et construire tous ces obstacles! De plus une partie des frais allait à l'organisation Wounded Warriors Canada, qui vient en aide aux soldats canadiens blessés. J'ai tout de même eu une petite déception : le parcours ne m'a prit qu'environ deux heures! Il n'y avait pas vraiment de côtes et j'ai pu courir tout le long, donc à ce niveau j'ai trouvé ça un peu trop facile... surtout après avoir fait les spartan beasts en 5-6 heures!! Il y a aussi plusieurs obstacles sur le site web qui semblaient vraiment superbes, mais qui n'étaient pas là... j'ai l'impression que l'événement est plus gros aux États-Unis; si je le refais un jour, ce sera probablement au Vermont. Mais je me suis beaucoup amusé, et je recommanderais définitivement l'événement à tous les amateurs de courses à obstacles... bien que je le crois un peu plus facile que le Spartan Beast, au contraire de ce qu'ils annoncent!!

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Quelques exemples d'obstacles qui n'étaient pas à Montréal (fire in your hole, family feud, pole dancer, island hopping, leap of faith, dong dangler).

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J'ai bien aimé l'erreur 404 (page non trouvée) sur leur site. ;-)

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