Événement 47 - 2 novembre 2014 - TCS New York City Marathon - 42.2 km - 5:07:27 (7:17 min/km)

Qu'est-ce que le Marathon de New York? Malgré un modeste début avec 127 participants (dont à peine 55 ont franchi la ligne d'arrivée) en 1970, il accueille maintenant plus de 50,000 participants annuellement. Il fait non seulement parti des World Marathon Majors (avec Berlin, Boston, Chicago, Londre et Tokyo), mais c'est en fait aujourd'hui le plus gros marathon au monde. Tellement de gens veulent y participer à chaque année qu'il faut passer par un système de loterie pour y accéder, à moins d'être dans l'élite ou d'amasser des sous pour un organisme de charité reconnu. J'essaie d'y participer depuis 2011, et il existe (ou devrais-je dire « existait », car c'était sa dernière année) une politique dictant que si un participant se voit refuser l'accès pendant trois années consécutives, il ou elle reçoit alors une entrée garantie sans passer par le système de loterie lors de sa quatrième année... et voici donc comment j'ai réussi à embarquer dans l'aventure NYC après toutes ces années, juste à temps pour mon 10e marathon!

Comme Cinzia a de la famille vivant dans le Bronx, nous avons la chance d'aller y passer la fin de semaine et de se faire recevoir comme de la grande visite! Tout semble démesuré à NYC... incluant les coûts! En commençant avec le 358$ en frais d'inscription au marathon (!), nous arrivons à Manhattan le vendredi en passant par un tunnel à péage de 13$, on se stationne pendant une heure pour 24$, puis on repasse par un autre pont payant pour se rendre à destination... heureusement qu'on sauve sur l'hôtel! Et je vous épargne mes commentaires sur la façon de conduire des gens!

L'expo-marathon est définitivement le plus gros que j'ai vu, et ça donne déjà un avant-goût de l'excitation et de l'immensité de la course. Le parcours du marathon est bien expliqué (celui-ci passe par les cinq arrondissements de la ville) et des statistiques intéressantes sur la course sont affichées. Nous apprenons d'ailleurs que 2014 accueillera le millionième marathonien à traverser le fil d'arrivée, que les participants viennent de plus de cent pays pour faire le marathon et que 78% de ces participants en sont à leur premier marathon! À chaque année il y a des célébrités qui participent à l'événement, cette année il y a (notamment) la 13e joueuse de tennis mondiale, Caroline Wozniacki, avec son amie Serena Williams qui l'attendra à la ligne d'arrivée. Il y a aussi plusieurs personnes handicapées, des personnes âgées et même quelques aveugles qui participent à la course... il n'y a vraiment pas d'excuse pour ne pas faire un marathon!

Nous prenons le samedi relaxe... du moins pour autant que de se promener à New York peut être considéré comme « relaxe »! Nous voyons Times Square et Broadway avec leurs écrans partout dans les rues, visitons le quartier italien en passant par Canal Street, qui est d'ailleurs beaucoup plus calme qu'à son habitude à cause de la pluie. Heureusement pas de pluie pour la course du lendemain... par contre, de forts vents du nord (35-40 km/h avec rafales à 72 km/h) seront au rendez-vous! Si bien que nous recevons un courriel de l'organisation du marathon indiquant qu'ils doivent diminuer le nombre de tentes, de signalisation et autres structures aux sites de départ et d'arrivée tellement il ventera. Mais ça reste moins dramatique qu'en 2012, où le marathon avait carrément dû être annulé suite au passage de l'ouragan Sandy!

C'est donc à 4:00 que sonne le réveil le dimanche matin (ou « ass-o-clock » comme dirait The Oatmeal). Mince consolation pour le sommeil : on changeait l'heure ce matin-là, donc en réalité c'est comme s'il était 5:00... wee! Un traversier doit m'amener de Manhattan vers Staten Island à 5:45, je pars donc du Bronx à 4:30 pour me donner le temps de m'y rendre et de me stationner. J'avais prévu le coup en prépayant un stationnement intérieur pour éviter tout problème, mais lorsque je suis arrivé l'employé qui s'occupait de ça dormait dans sa cabine... j'ai donc dû le réveiller mais par la suite il n'a jamais voulu me laisser entrer pour stationner! J'étais pourtant à la bonne place, avec mon papier imprimé qui expliquait exactement l'offre du stationnement... il faut dire que le gars semblait plutôt confus et parlait très peu anglais. Bon, ça a ajouté un peu de stress inutile mais finalement après m'être promené dans les rues avoisinantes j'en ai trouvé un autre... bien qu'à trois fois le prix du premier, au moins je pouvais désormais me rendre au traversier!

C'est incroyable la sécurité qu'il peut y avoir partout, surtout depuis les attentats du marathon de Boston. Nous devons passer par plusieurs groupes de policiers avec chiens avant de finalement arriver à destination à Staten Island. L'excitation est palpable, il y a des tonnes d'autobus remplis de participants pour se rendre au site de départ. Il y a d'ailleurs tellement de participants que les spectateurs sont interdits sur Staten Island, il n'y aurait simplement pas assez de place. Dunkin Donuts offre des cafés gratuits et même une tuque gratuite par participant, mais une fois la visite du site terminée c'est là que le « fun » commence... près de trois heures et demi à attendre mon départ, planté là dans les rafales de vent qui ne cessent pas! Il y a quelques grandes tentes pour aider à nous protéger un peu, mais les vents sont tellement forts (nous sommes très près de la rive) et il y a tellement de gens que ça ne sert pas à grand chose. Certaines personnes avaient de vieux vêtements temporaires pour se réchauffer, mais la majorité des gens (et je m'y inclus) n'était habillée correctement que pour la course... pas pour cette attente dans le froid. J'avais un sac de poubelle pour me protéger du vent, mais c'était loin d'être suffisant ; j'ai rarement eu aussi froid dans ma vie! Après avoir attendu plus de trois heures par terre à grelotter et qu'il fallait finalement me rendre à la ligne de départ, j'avais de la misère à marcher sur mes orteils tellement ceux-ci étaient gelés. Disons que c'est un pré-départ assez épuisant, et ça c'est juste avant de devoir aller courir un marathon!

Évidemment plusieurs vagues de départs doivent être organisées pour éviter les embouteillages lors de la course ; il est drôle de penser que lorsque je me suis rendu à la ligne de départ, les gagnants du marathon avaient déjà terminé leur course! Le départ est cependant tout à fait exceptionnel : il se fait au pont Verrazano-Narrows, qui connecte Staten Island et Brooklyn. Il s'agît du pont suspendu le plus long des États-Unis (anciennement le plus long au monde), avec une longueur d'environ 4.2 km! Il y avait des rafales de vent extrêmes lors de la traverse, mais j'étais tellement content de finalement pouvoir bouger que ça ne m'importait plus trop à ce moment! Finalement mes pieds (et mes orteils!) regagnaient un peu de chaleur, et après deux ou trois kilomètres tout était redevenu à la normale.

C'est à la fin de la traverse du pont que j'ai connu le moment le plus magique de ma course : non seulement le soleil est (finalement) sorti des nuages à cet instant précis, nous couvrant de chaleur et de lumière (et de bonheur!), mais en plus c'est à ce moment qu'on est entré à Brooklyn dans une foule de spectateurs. Et quand on parle de foule à New York, ce n'est pas peu dire : le marathon de New York accueille environ deux millions de spectateurs à chaque année, soit environ la population complète de la ville de Montréal! Bien entendu ceux-ci sont dispersés partout sur le parcours, mais ça reste abondant en tout temps. Presque tout le parcours se déroule sur de grandes avenues très larges de la ville, et les trottoirs sont remplis de gens des deux côtés. Il y a énormément de pancartes, allant de « Brooklyn loves you ! » à des pancartes humoristiques, comme des pancartes de Super Mario avec des blocs POW et des écritures du genre « hit here for super running powers !». L'encouragement est vraiment extraordinaire, tellement qu'on ne sait plus trop où regarder tellement il y a de gens à voir. Le marathon accueille plus de 130 groupes de musique sur son parcours, et là-dessus on ne compte pas les gens qui jouent de la musique avec des hauts-parleurs! Bref, côté divertissement, que dire d'autre que : wow!

La moitié de la course est atteinte lorsqu'on traverse le pont Pulaski, qui relie Brooklyn à Queens, le troisième arrondissement que nous visitons à New York. C'est le seul autre moment avant la fin dans Central Park où les spectateurs ne sont pas admis. Le guide du marathon parlait d'un calme féerique où les participants peuvent se ressourcer, mais bien honnêtement ce n'est pas très beau et on entend des autos au-dessus de nous dans d'autres voies... pas si relaxant que ça! En fait en continuant dans Queens c'est là que je réalise ce qu'il me manque : un peu de nature! Évidemment c'est extraordinaire d'avoir autant de supporteurs et de divertissement tout au long du trajet, mais après un certain moment je finis par trouver que c'est du pareil au même. Nous sommes toujours dans de longues et larges avenues en lignes droites, entourés de milliers de gens qui finissent par se ressembler (si bien qu'on leur porte de moins en moins attention sans nécessairement le vouloir). De plus on dirait que toute cette énergie dépensée à tenter de me réchauffer plus tôt au départ commence à me rattraper : ma course devient de plus en plus difficile. C'est donc avec beaucoup moins d'entrain et bientôt avec quelques crampes dans les quadriceps que je traverse Queens, le Bronx (très petite excursion) et puis Manhattan. Dans un marathon « normal » on commence tous ensemble dans un gros groupe au départ mais on se distance rapidement par la suite... à New York, on est toujours complètement entouré de coureurs tellement nous sommes nombreux. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose, mais si on désire accélérer ou ralentir la cadence, ça devient plutôt difficile, et comme j'ai ralenti le rythme j'avais parfois l'impression d'être dans les jambes des autres (c'est d'ailleurs probablement plus qu'une impression, car je reçois même quelques coups de coude accidentels de gens qui veulent me dépasser, pas très agréable!). Je dirais que ce n'est que rendu dans Central Park, la dernière étape du parcours, que le paysage change vraiment. Ça fait du bien mais je suis tellement épuisé que c'est difficile de tout apprécier. Je traverse néanmoins la ligne d'arrivée avec le sourire et la joie d'avoir participer au plus gros marathon au monde!

Autre petit moment désagréable après l'épuisement de la course : marcher plus de 30 minutes pour me rendre aux endroits désignés pour rencontrer famille et amis, où Cinzia m'attend. En somme j'ai trouvé l'expérience du marathon de New York fort intéressante et je suis heureux d'y avoir participé, mais du coup j'ai réalisé que j'aime beaucoup mieux les marathons plus modestes, et surtout lorsqu'on peut courir un peu dans la nature. Je pense par exemple au demi-marathon de Granby qui avait cette balance parfaite entre ville et sentiers. L'organisation de la course était tout de même extraordinaire, mais toute cette attente à geler au départ, ces foules de gens à ne plus finir et ces idées de grandeur, ce n'est peut-être pas pour moi. Ce qui est drôle c'est que les médias qui décriront l'expérience du marathon NYC 2014 indiqueront tous qu'à cause de la météo, il y avait beaucoup moins de gens et d'ambiance qu'à l'habitude... j'ose à peine imaginer la normalité! L'expérience restera néanmoins inoubliable et j'en garderai un bon souvenir.

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