Événement 53 - 22 novembre 2015 - Philadelphia Marathon - 42.2 km - 4:24:11 (6:16 min/km)

J'ai eu beaucoup de commentaires positifs par rapport au marathon de Philadelphie, je me suis toujours dit que ce serait probablement un marathon que je ferais un jour... sans nécessairement le planifier réellement. En fait je croyais que c'était un de ces énormes marathons pour lesquels il fallait s'inscrire presque une année à l'avance ou participer à une loterie afin d'y participer. J'ai donc eu toute une surprise au début juin, après avoir appris que mes amis Jean-Guillaume et Stéphanie s'y étaient inscrits, lorsque je me suis rendu sur le site de l'événement pour m'apercevoir que non seulement l'inscription était possible, mais qu'en plus elle l'était à un coût raisonnable (130$ USD... pas mal moins pire que le marathon de New York à 340$ USD)!

D'ailleurs, parlons-en de New York : c'est le dernier marathon auquel j'ai participé, et l'énormité de cette course m'avait laissé un goût un peu amer pour ce qui a trait aux grands marathons. Je n'avais pas apprécié de geler pendant plus de trois heures avant le départ, ni d'être dans une foule très dense pendant tout le parcours dans un paysage qui ne change que très peu. Il faut dire que ma course n'avait pas très bien été, et que ça a définitivement terni ma perception de ce marathon... mais dans tous les cas je m'étais rendu à l'évidence que je préfère participer à de plus petits événements. Pourquoi alors aller courir à Philadelphie, qui est pourtant dans le top 10 des plus gros marathons aux États-Unis? Probablement parce que j'ai la mémoire courte, ou que je suis prêt à donner une deuxième chance à ces grandes compétitions ; il faut dire que j'avais beaucoup aimé le marathon de Disney World, qui est encore plus gros que Philadelphie... mais bon c'est une ambiance très différente!

Je me suis néanmoins promis quelque chose après avoir franchi (avec difficulté) la ligne d'arrivée à NYC en novembre 2014 : jamais plus je ne sous-estimerai l'entraînement nécessaire à la réussite d'un marathon. J'ai décidé de voir l'entraînement comme étant la vraie épreuve ; l'événement ce n'est en fait que la récompense de ce travail accompli, la cerise sur le sunday! En réalité jusqu'à la fin août je me suis entraîné d'une façon assez insouciante (pas très mesuré), jusqu'à-ce que Jean-Guillaume me pose cette question : « 26 km samedi ? ».

Pour moi c'était une sonnette d'alarme, ma promesse qui raisonnait tout à coup dans ma tête, la réalisation qu'il ne me restait à peine que septembre et octobre avant le marathon et qu'il fallait augmenter rapidement le kilométrage. Vingt-six kilomètres, c'est long... mais il était grand temps de se mettre au boulot, et grâce à sa question qui pouvait sembler bien anodine, j'ai par la suite changé de cap et pris la bonne direction. Je dois aussi remercier Stéphanie pour sa grille d'entraînement très détaillée sur laquelle je me suis inspiré pour planifier mes courses... en fait dans mes premières années de course je gardais toujours un journal de mes entraînements, et ça m'aidait à rester motivé. J'ai donc décidé de recommencer cette pratique afin de bien garder le focus sur l'objectif du 22 novembre, et le résultat a été au rendez-vous : un excellent entraînement (selon mes dires du moins!), avec six courses d'au moins 30 km... bien mieux qu'à mon habitude!

LundiMardiMercrediJeudiVendrediSamediDimancheTotal
2015-08-31        10   26 36
2015-09-07  10   10   30   50
2015-09-14  10  10   32   52
2015-09-21  10   10       20
2015-09-28  10   10     32 52
2015-10-05    10      15 25
2015-10-1221   10  10  34 75
2015-10-19  10     25   35
2015-10-26  10   10    34 54
2015-11-02    10  10  30 50
2015-11-09  10   10    16 36
2015-11-16  8  8    42 58

Il m'est d'ailleurs impossible de ne pas souligner le 32 km mémorable du 4 octobre, c'est-à-dire notre course annuelle de Deux-Montagnes vers Oka. Même si j'ai souvent emprunté ce chemin et que les feuilles étaient plus vertes qu'à l'habitude, je ne peux m'en lasser et j'y découvre encore de nouveaux sentiers... quel magnifique parcours! Cette année il y avait Carl, David et Patrick, tous de formidables coureurs également inscrits au marathon de Philadelphie, qui se joignaient à Jean-Guillaume, Stéphanie et moi pour la quatrième édition de cette belle tradition. La chanson thème de notre course cette année : boys boys boys!

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Dernière étape de la préparation, Philadelphie oblige... écouter les films de Rocky! Cinzia n'avait jamais vu la série (peut-être quelques bouts tout au plus), on a le temps d'écouter les trois premiers avant la grande fin de semaine. Notre grand favori restera définitivement le premier film, c'est d'ailleurs étrange de penser qu'il date de 1976! On se promet qu'on ira voir les fameuses « marches de Rocky », ainsi que la statue bien entendu.

Bon, c'est pas tout la préparation... il y a aussi la fin de semaine de course! Google Maps indique moins de huit heures pour se rendre de Deux-Montagnes à Philadelphie, mais on dirait qu'il ne compte pas le temps d'attente aux douanes, le trafic, les mauvais détours pour trouver des haltes et les multiples arrêts nécessaires pour bébé... résultat? Nous partons le vendredi à 9h30 AM... et arrivons à 9h30 PM. Un peu plus long de prévu, mais beaucoup de plaisir en chemin!

Le samedi est réservé à l'exploration de Philadelphie, nous avons loué un hôtel en plein centre-ville et c'est très agréable de simplement pouvoir sortir avec la poussette et de marcher pour tout visiter. L'architecture de la vieille ville est superbe, ça rappelle un peu l'Europe, il y a plusieurs bâtiments très anciens et il y a beaucoup d'histoire, dont le lieu de naissance de la constitution américaine. J'en profite pour aller chercher mon kit de course à l'expo-marathon, une belle foire bien organisée où on peut y trouver de tout pour les coureurs (notamment des souliers de course beaucoup moins chers qu'ici). Le soir nous allons souper chez la belle gang de coureurs de Montréal... les pâtes sont vraiment excellentes, merci aux chefs!! J'apprends cependant que ni Stéphanie ni Jean-Guillaume ne pourront participer à l'événement du lendemain suite à des blessures, alors ce sera partie remise pour eux. Au moins ils peuvent profiter de l'alcool et venir nous encourager! ;-)

Le grand jour est finalement arrivé, c'est avant l'aube que je pars et partage un taxi avec un autre coureur de l'hôtel ; ça me coûtera un gros 4$... t'sé quand je dis que je suis proche! Évidemment aux États-Unis la sécurité dans les marathons n'est pas prise à la légère (surtout depuis l'attentat au marathon de Boston de 2013), il y a des policiers partout autour du site de départ, tous les sacs sont fouillés et seuls les coureurs sont autorisés à entrer. La température est confortable pour la course, c'est un peu venteux mais ça reste plus chaud qu'à Montréal. Comme le départ est à 7:00 je vois le soleil se lever, je suis arrivé vers 5:30 (par choix, pas comme au marathon de NYC) et je profite de l'ambiance pour essayer de me réconforter sur l'épreuve à venir ; un marathon ça reste toujours un peu stressant et c'est difficile de vaincre tous ses doutes! Mon but est de ne pas « casser » et de rester fort tout au long de la course. Je m'attends à le compléter entre 4h10 et 4h30, mais ce n'est pas un vrai objectif car le temps m'importe peu. Je rencontre Carl et Patrick avant le départ, tout le monde est fébrile mais nous sommes tous tout de même tous un peu nerveux!

C'est avec près de 30,000 participants que je m'élance dans les rues de Philadelphie, et que dire du magnifique parcours qui s'offre à nous! Nous passons devant bien des bâtiments historiques, devant le fameux Love Park, le quartier chinois, et plusieurs belles rues commerciales (Arch Street, Chestnut Street, South Street, etc). Nous passons devant l'hôtel où je réside et Cinzia réussit même à m'apercevoir de sa fenêtre malgré la densité de la foule! Une belle ambiance règne tout au long de la course, il y a beaucoup de coureurs et de spectateurs tout au long de notre trajet mais c'est plus « raisonnable » que NYC (ce ne sont pas que de grandes avenues, nous pouvons voir de la nature et différents types de quartier). Comme on pouvait s'y attendre, on entend à plusieurs reprises la chanson thème de Rocky ainsi que Eye of the Tiger... ça me donne des ailes!!

J'adore les pancartes créatives que les gens apportent tout au long du parcours... voici quelques unes de mes favorites : John I'm pregnant... go daddy!, Don't trust your farts after mile 18, Chafing the dream, If this was easy, it would be called your mom!, Run faster, the kenyans are drinking all your beer at the finish line!, Run like her dad just walked in. À un certain moment il y avait une petite fille (à côté de son papa) avec une pancarte : Come on mom, I've had enough of dad!. Devant le zoo une affiche sur laquelle était dessiné un gros singe : Philly Zoo, We Throw Poo, Run Faster!. Et je passe celles qui parlaient d'entraînement pour le magasinage du Black Friday ou qui parlaient de faire de la place pour Thanksgiving!

Évidemment dans les marathons il y a des hauts et des bas, et c'est souvent davantage un défi mental qu'une épreuve physique. Les premiers miles vont bien (c'est toujours un peu étrange pour moi de compter en miles), mais c'est normal car au début on est en pleine forme. Vers les 10e et 11e miles je commence cependant à trouver le tout un peu plus difficile et le doute commence à s'instaurer : « Suis-je assez bien entraîné? 220 lbs c'est trop lourd pour courir un marathon... et si je me contentais d'un demi-marathon à la place? Je ne veux pas connaître la même expérience que NYC... ». Ces petites voix pleuvent dans ma tête lors de certains moments de la course, mais heureusement j'ai appris à bien les connaître et je sais comment les vaincre... après tout je me dis que j'ai rarement fait un entraînement aussi solide pour une course!

La foule se scinde en deux au 13e mile, c'est la fin de ceux qui participent au demi-marathon, c'est-à-dire un peu plus de la moitié des participants. De notre côté commence la partie que je trouve un peu moins intéressante : un long aller-retour droit le long du fleuve. Il reste encore pas mal de gens pour nous encourager (évidemment moins qu'au départ), mais il y a beaucoup moins à voir. J'ai cependant la chance de voir les coureurs élites revenir après plus de 25 miles grâce à mon temps au demi-marathon de 2:08:44... étrange de penser qu'il me reste encore plus de deux heures pendant qu'ils sont en train de terminer!

À ce moment ma course va plutôt bien, j'ai encore des hauts et des bas mais je suis principalement positif et le fait de constamment voir le chemin du retour me donne l'impression que je suis presque arrivé. En fait c'est en même temps un désavantage de ces longs chemins en lignes droites... on pense qu'on est sur le point d'arriver mais finalement il en reste encore et toujours plus et le point de retour ne semble jamais arriver!

Au 19e mile je me permets une petite pause-pipi dans une toilette portable qui est vraiment dans un état de merde (littéralement...), mais qui me fait tout de même le plus grand bien. Je combine à ça un gel, un peu d'eau, des quartiers d'orange qui étaient offerts... et un shooter de bière! C'est drôle car je ne suis pas un grand buveur de bière, mais j'ai tellement apprécié et trouvé celle-là rafraîchissante, je pétais le feu après (pas littéralement)! J'ai eu l'impression d'avoir un grand regain d'énergie, et peu de temps après j'arrivais dans le quartier Manayunk, qui non seulement était superbe avec sa grande rue commerciale bien décorée pour le temps des fêtes et tous ses gens venus pour nous encourager, mais en plus c'est là que j'atteignais le fameux point de retour... wow, quel formidable moment!

Le retour est tout de même plutôt intéressant, sans nécessairement le vouloir j'ai tendance à me comparer avec ceux qui vont dans le sens opposé, je tente d'estimer leur temps restant avant d'atteindre ce fameux point de retour et en m'interrogeant sur leur état actuel. Plus le temps passe et plus on voit de participants qui finiront la course après 5h, 6h et même 7h (le temps limite). Naturellement on veut les encourager, leur dire qu'ils y sont presque et qu'ils réussiront... il y a vraiment une belle entraide dans ces événements.

Mon « pétage de feu » s'estompe peu à peu au fur et à mesure que la course progresse et que la distance restante diminue, mais je poursuis tout de même en force. Je crois que c'est la première fois que je réussis à ne pas « frapper le mur » dans les 28-35 km, et je remercie mon entraînement. En fait je ne m'y frappe vraiment que rendu au 25e mile, c'est-à-dire 40 km (sur 42.2!), où ça devient extrêmement difficile et que mes quadriceps commencent à avoir des crampes... mais comme c'est la fin, je prends mon mal en patience et continue jusqu'à la ligne d'arrivée!

En plus du beau t-shirt technique de course (il contient le trajet de la course) qui nous avait été remis à l'expo-marathon, la médaille reçue à l'arrivée est tout simplement superbe, probablement une des plus belles de ma collection! Il y a un petit goûter à l'arrivée, rien de très fancy, mais je me dois de mentionner le délicieux bouillon de poulet chaud qui nous a été servi... c'était tellement parfait à la fin d'une telle épreuve! Je vais rejoindre mes deux plus grandes fans qui m'attendent tout près et je marche sans problème jusqu'à l'hôtel, c'est-à-dire environ 3 km, ce qui démontre à quel point ma course a bien été.

Pour terminer cette journée mémorable je mange un traditionnel « Philly cheesesteak » du légendaire restaurant Jim's Steaks (South Street)... c'était toute une surprise d'apprendre que le fromage original est en fait du Cheez Whiz, mais c'est tout de même très bon! Nous continuons notre exploration de Philadelphie mais comme nous n'avons pas le temps de visiter les fameuses marches et la statue de Rocky, nous nous y arrêtons le lendemain avant de revenir à Deux-Montagnes, même si ça veut dire que nous arrivons à destination passé 23:00... ça en vallait certainement la peine! Ce fut vraiment une belle fin de semaine que Cinzia et moi n'oublierons pas (je ne peux pas en dire autant pour Stella), je suis super content pour ma course et j'espère que ça me motivera à toujours bien me préparer pour mes futures épreuves sportives. Je recommanderais définitivement le Marathon de Philadelphie à mes amis coureurs!

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