Événement 59 - 3 septembre 2017 - La Chute du Diable, 6e édition (Saint-Mathieu-du-Parc) - 22.3 km - 3:27:34 (9:18 min/km)

« J'adore être à ce niveau de forme physique, où je peux participer à un demi-marathon comme ça sans être inquiet... ce genre de course est tellement agréable! » -- voici ce que j'écrivais il y a un an au sujet de ma dernière course, un demi-marathon improvisé la veille de l'événement. J'ignorais évidemment que j'allais soufrir d'une fasciite plantaire au pied gauche à peine un mois plus tard, d'autant plus que je n'ai jamais eu de problème aux pieds auparavant. J'ai donc dû prendre quelques mois de repos avant de recommencer tranquilement à la fin janvier, puis de faire une autre pause en mai/juin suite à une tendinopathie de la coiffe des rotators (tendinite à l'épaule droit). Pas facile de vieillir!

Toujours est-il que mon entraînement en été va très bien, en fait en août je dirais même qu'il va mieux que jamais : je complète les distances de 30.7, 32.3 et 36.5 km pendant trois fins de semaine consécutives. Je décide de m'inscrire au Green Mountain Marathon en octobre, un événement peu connu au Vermont qui compte quelques centaines de coureurs à peine. La course est sur Grand Isle, une île en plein coeur du lac Champlain, et la moitié du parcours n'est pas asphalté... définitivement une course comme je les aime!

Une décision dernière minute s'impose toutefois avant le marathon : je décide de m'inscrire à l'événement « La Chute du Diable », début septembre. C'est une course en forêt à Saint-Mathieu-du-Parc, près de Shawinigan, et les parcours suivants sont offerts : Je dois admettre avoir été tenté par le 35 km, vu ma forme actuelle... mais ayant fait une course similaire à St-Donat l'année précédente, je sais pertinament qu'une telle distance en forêt risque de demander un effort similaire ou même supérieur au marathon. Comme je fais cette course à titre d'entraînement pour le marathon en octobre, je m'en tiens au 22 km. La sagesse de l'expérience... vieillir n'a pas que des désavantages!

Je pars de chez moi le dimanche matin à 5:00, le thermomètre de la voiture indique un faible 8°C... une fois arrivé à destination la température aura eu le temps de diminuer à 3°C. Un peu plus frais que ce que j'aurais espéré, mais beaucoup mieux que la pluie froide abondante annoncée précédemment, qui doit plutôt être repoussée en après-midi.

Le site de départ est magnifique, on peut attendre dans un petit amphithéatre extérieur dans la forêt. J'en profite pour me réchauffer les mains au-dessus de lumières extérieures, et je jase avec quelques coureurs présents. Les parcours les plus longs (35 à 80 km) ont déjà eu lieu la veille, et nous sommes un peu moins d'une centaine à participer au 22 km. Je termine de préparer mon sac à dos car l'événement présente une initiative zéro-gobelet pour éviter les déchets et le gaspillage.

Au départ le thème du diable et de l'enfer est bien présent avec la musique de AC/DC qui joue dans les haut-parleurs. L'organisateur nous explique les règlements avec humour et légèreté, mais nous indique tout de même que suite à la difficulté du parcours (il a été modifié cette année) le temps maximal pour terminer la course a été augmenté à 6 heures (au lieu de 5). Le parcours possède un dénivelé positif de 1120 mètres.

Dès qu'on s'élance dans les bois le bonheur de la course en trail se dévoile pleinement : de magnifiques paysages bien de chez nous, la senteur de la forêt, le bien-être de se trouver en pleine nature. Il faut cependant toujours regarder par terre en avançant car racines, roches, arbres, boue, trous, pentes et branches sont au rendez-vous tout au long de la course... les drapeaux indiquant le parcours à suivre sont d'ailleurs par terre plutôt que dans les arbres!

Ce n'est pas long que l'impressionnant dévenilé positif se fait ressentir, et il faut régulièrement marcher les côtes trop ardues. Déjà vers le 8e kilomètre je commence à sentir un quadricep devenir plus tense, mais le tout passe rapidement. Lorsque j'arrive à la station d'eau du 12e kilomètre je me sens en pleine forme, et c'est le point de retour alors le moral est dans le tapis même s'il commence à y avoir de petites averses. Nous savons exactement à quoi nous attendre pendant les six prochains kilomètres, et tout se passe pour le mieux.

En fait ma course va tellement bien qu'en fin de parcours que j'augmente le rythme pendant les trois derniers kilomètres. Ça se transforme rapidement en sprint lorsqu'un coureur devant moi fait la même manoeuvre et que je décide de le suivre. Nous dépassons quelques coureurs et dévalons les pentes en fou. Je vois une parcarte et pendant que je suis en train d'y lire les mots « Arrivée 500m », je fais un faux-pas. Mon pied droit se renverse vers le côté extérieur.

Cet incident se produit tellement vite que j'ignore s'il y avait une roche, un trou, ou bien si c'était simplement une mauvaise enjambée. Je fais un transfert de poids vers mon pied gauche et je continue en boitant légèrement, je veux trop terminer ma course rapidement pour m'arrêter et ce n'est pas la première fois que j'ai un petit renversement de pied pendant que je cours. La douleur ne s'estomp cependant pas, c'est même plutôt le contraire. Je me rends vite à l'évidence que la blessure doit être plus sérieuse, je ralentis le rythme et termine la course comme je peux en sautillant sur un pied ainsi qu'en boitant.

À peine ai-je franchi la ligne d'arrivée que je me retrouve assis sur une chaise avec de la glace sur mon pied, grâce aux bénévoles. Je leur suis d'ailleurs reconnaissant à plusieurs égards, certains ont dû transporter de lourdes bouteilles d'eau pendant plusieurs kilomètres dans la forêt pour une station d'eau. La médaille est originale, c'est un morceau de bois rond qui a été scié et sur lequel on a mis le logo de la course. Outre ma blessure en fin de parcours j'ai adoré l'événement, les parcours sont magnifiques, c'est très bien organisé, et l'avantage d'une course en forêt en septembre (par rapport au début de l'été) est qu'on a la paix avec les insectes!

Je passe la soirée/nuit à l'hôpital, le verdict tombe : fracture au 5e métatarse du pied droit. Je suis en canne et en béquilles jusqu'à-ce que j'achète une botte de marche, et je ne peux pas conduire pendant quelques temps. Évidemment je dois faire un deuil sur ma saison de course qui allait si bien (comme toujours l'inscription au marathon est non remboursable). Ce sera le deuxième automne de suite où je devrai m'abstenir de courir, ce que je trouve bien dommage car c'est le moment où on retrouve les plus beaux paysages. Je garde le moral, ce n'est que partie remise...

Retour au blogue

1 2
3 4
5 6
7 8
9 10
11 12
13 14
15 16
17 18
19 20
21 22
23 24
25 26