Événement 65 - 23 octobre 2021 - Le Trail du Mont-Rigaud - 21 km - 2:25:18 (6:55 min/km)

Comme ce blogue en témoigne, j'ai toujours carburé aux événements, c'est ce qui me motive à poursuivre la course et l'entraînement. Puisque tout est annulé en 2020, je n'ai pas de grandes ambitions. Je cours régulièrement, 77 fois pendant l'année selon Strava, mais je ne dépasse jamais 12 km, une moyenne de 6 km par sortie. Ça se poursuit ainsi jusqu'en mai 2021, lorsque certaines compétitions commencent timidement à s'organiser grâce aux vaccins contre la COVID-19.

Ça ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Je m'inscris aussitôt au Trail du Mont-Rigaud pour octobre, en plus de songer à m'inscrire au Marathon de Montréal en septembre, et peut-être même tenter de refaire le Challenge Monumental du Mont-Royal en novembre pour célébrer son dixième anniversaire. J'augmente le niveau d'entraînement, enfin ce sentiment de liberté qui revient... mais qui arrête net à peine deux semaines plus tard : cette satanée douleur au pied droit revient. Cette fois-ci je n'attends pas que ça empire, je cesse l'entraînement, j'ai trop peur de la fasciite plantaire. Ne sachant plus trop quoi faire avec ça, je suis un peu découragé. Je change de souliers, je réessaie un entraînement ou deux en juin et en juillet, mais rien à faire. Est-ce que la course à pied c'est fini pour moi?

Puis l'automne arrive et le Marathon de Montréal est annulé car il y a trop d'incertitude sur les mesures permises. À un mois du Trail du Mont-Rigaud, je pense à la course avec frustration. Certes j'ai payé 80$ pour m'inscrire, mais étrangement ça me dérange encore plus d'avoir payé 20$ supplémentaire pour obtenir le t-shirt officiel de l'événement, que je ne recevrai évidemment pas. Je me dis même que je pourrais aller le chercher à Rigaud, mais pas question de faire 150 km et de payer 15$ d'essence juste pour ça.

À un mois moins un jour de l'événement, j'ai d'étranges idées qui me poussent en tête : et si je le faisais quand même? Je vais courir 3 km. Trois jours plus tard 4 km, puis le surlendemain 5 km. Octobre arrive et je continue avec 6 km, suivi de 9 km, et finalement presque 11 km. Surprenamment ça va plutôt bien cette fois-ci, je ne sais franchement pas pourquoi. Est-ce que le temps aurait arranger les choses? Est-ce parce que j'ai perdu du poids? Petite parenthèse, mon beau-frère m'a mis au défi, si je ne perds pas assez de poids d'ici la fin de l'année je devrai aller au spa en speedo doré à franges, ce qui évidemment est hors de question! Bref c'est difficile à dire, je crains d'ailleurs qu'à tout moment la blessure revienne en force... mais j'en profite pendant que ça va bien.

Bon il faut quand même se rendre à l'évidence, un entraînement d'à peine un mois pour un événement de 21 km en montagne, ce n'est pas top. D'autant plus que ma plus longue distance complétée, soit environ 10.97 km le 10 octobre, avait été plutôt difficile, et ce malgré un parcours complètement plat. Mais je suis entêté et je n'ai pas envie de perdre mon inscription : je veux participer à la course malgré l'entraînement déficient!

C'est donc tôt le samedi matin que je me rends à Rigaud, le départ est au Cégep. Étrangement ils chargent 10$ pour se stationner sur le site, mais c'est gratuit dans les rues avoisinantes à une ou deux minutes de marche à peine... voilà que je rentabilise mon essence! C'est la première édition de la course et le guide du participant n'est pas très bavard, mais j'apprends via Facebook qu'il y aura trois stations d'eau donc pas besoin de traîner de ravitaillement. Comme il n'y aura que de l'eau (pas de boisson sportive), j'apporte mon booster préféré pour m'énergiser : des dattes!

J'ai le sentiment que ça fait une éternité que je n'ai pas participer à une telle compétition. Je renoue avec mon typique déjeuner pré-course gourmet dans la voiture : une tranche de pain à la confiture! Je ressens un drôle de sentiment en me retrouvant sur un tel site avec animation et autant de gens, on dirait que je suis en quelque sorte spectateur d'un passé lointain... la pandémie m'a peut-être affecté plus que je ne le pensais. Je suis toutefois très heureux d'y être, et la température est tout simplement parfaite avec un beau soleil et de magnifiques couleurs d'automne.

L'animateur nous indique à quel point les sentiers sont rocailleux et donc dangereux, notamment en descente. Il nous invite à marcher pendant certaines sections périlleuses du parcours et de ne pas tenter d'établir des records. Il indique aussi que la distance se rapproche davantage de 22 que de 21 km. Comme je suis vraiment sous-entraîné, je décide dès le départ d'y aller avec un rythme modéré de toute façon. Ça tombe bien car nous nous dirigeons vers la forêt derrière le Cégep, tout de suite ça monte et on se retrouve dans un petit sentier où les gens doivent se suivre. L'événement offre plus de 400 mètres de dénivelé positif, donc comme beaucoup d'autres je marche régulièrement les montées.

Je dois admettre que j'ai rarement vu des sentiers avec autant de roches, beaucoup d'entres elles sont cachées sous les feuilles mortes, il faut faire doublement attention. Je suis bien heureux de courir dans la forêt avec ce bel air frais d'automne, ça donne tout un sentiment de liberté. Il y a quelques points de vue intéressants, bien que mes photos ne leur rendent aucunement justice. Après six ou sept kilomètres dans la course, j'ai certains doutes sur ma capacité de terminer ce parcours qui ne cesse de monter, mais heureusement tout ce qui monte doit redescendre, et mon énergie revient à fond peu de temps après.

Vers le douzième kilomètre je constate que je suis encore en pleine forme et je respire le bonheur. Je continue néanmoins avec un rythme plutôt modéré, bien que je m'en permette de plus en plus. Cependant si je peux faire une critique au parcours, c'est qu'il manque parfois cruellement d'indications. Le chemin fourche à quelques reprises, et il m'arrivait d'être vraiment incertain du côté à prendre. J'ai même dû ouvrir le GPS de mon téléphone une fois pour m'assurer de partir du bon bord!

Vers la fin du parcours il y a ce que l'animateur appelle « le champ de patates », des centaines de roches rondes à moitié cachées sous les feuilles. Je pense à « La Chute du Diable », une course dans laquelle je me suis fracturé un pied en fin de parcours quatre ans plus tôt, et je reste prudent... évidemment mise à part un sprint final pour les quelques derniers kilomètres!

Le site est très festif, il y a quelques trucs à grignoter, un BBQ payant et des modules gonflables. Puisque la course s'est si bien déroulée pour moi, je commence déjà à rêver à mes prochains événements. Si bien que pour revenir à la maison je ne porte pas du tout attention au GPS et Google Maps en profite pour m'envoyer faire un tour en traversier afin de sauver deux minutes à mon trajet... deux minutes qui me coûteront douze dollars!

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