Événement 66 - 13 novembre 2021 - Demi-Challenge Monumental du Mont-Royal - 29.2 km - 2:52:11 (5:54 min/km)

L'année 2011 a définitivement été le sommet de ma « carrière » de marathonien. À peine âgé de 28-29 ans, j'ai complété 13 courses officielles cette année-là, incluant certaines des plus difficiles auxquelles j'ai participé : Goofy's Race de Disney World (63.3 km sur deux jours), Spartan Beast de Vermont (course à obstacles en montagne), et le Challenge Monumental du Mont-Royal (55.5 km). Cette dernière est en fait la plus longue distance continue que j'ai courue à vie, c'est-à-dire cinq aller-retours sur le Mont-Royal, toujours en côte. Impossible de passer ça sous silence lorsque je constate que le dixième anniversaire de cet événement aura lieu un samedi de novembre. Je suis évidemment loin du niveau de forme nécessaire pour relever un tel défi en ce moment, mais à la suite du succès de ma course en sentier du Mont-Rigaud, je me trouve un compromis : pourquoi pas un « Demi-Monumental »?!

C'est donc le 13 novembre, dix ans jour pour jour, que je renoue avec ce défi mythique. J'ai quelques contraintes de temps pour cause de fin de semaine très chargée, je devrai idéalement être revenu à la maison au plus tard à 10:00. Je pars donc vers 5:15 du matin, ou comme dirait The Oatmeal : vers « ass-o-clock ».

Je suis au pied du monument Sir George-Étienne Cartier à six heures, le soleil commence timidement à se lever lorsque ma course débute. Je dois faire attention lors des premiers kilomètres car je vois à peine le sol dans l'obscurité, je rencontre quelques coureurs qui portent des lampes frontales. Je pense à la fameuse fracture à l'épaule que j'ai subie car je faisais du vélo dans le noir il y a à peine deux ans, et je constate que je n'apprends pas très vite de mes erreurs... mais bon la course me semble quand même moins dangereuse.

Les premiers kilomètres sont un peu cruel car ils montent et montent continuellement, cependant je me console en me disant que ce sera de la descente plus tard. Lorsque je dépasse le Lac des Castors, je remarque que le Mont Royal fait bien parti du décor de Montréal : de la construction! Je dois faire un petit détour pour atteindre le Belvédère, mais quelle récompense que sont les cieux de novembre au lever du soleil, c'est à en couper le souffle!

Je continue la boucle au sommet du Mont Royal pour contempler la croix et les antennes, puis c'est l'heure de la première descente! Après avoir monter pendant six kilomètres, quel bonheur que d'en redescendre autant, ça se fait presque tout seul. Je suis néanmoins toujours surpris à quel point la dernière section me semble longue, j'ai souvent l'impression d'être arrivé mais on dirait qu'il reste toujours un autre tournant.

Fin de la première boucle, je suis de retour à la statue. Le soleil est désormais bien présent et les coureurs aussi. Une datte, une gorgée de Gatorade, et c'est reparti! Je dois admettre que c'est une course qui m'est quand même nostalgique, je pense à cet événement complété il y a dix ans avec mes amis Jean-Guillaume et Stéphanie. Nous avions nommé certaines des côtes qui nous torturaient avec des noms peu élogieux, nous prenions de petites pauses à des endroits bien définis, nous alternions la direction des boucles du sommet, tout est encore très clair dans ma tête, nous avions même eu droit à une femme qui flashait ses seins avec la ville en arrière-plan! Je suis surpris à quel point je vis à nouveau les mêmes difficultés qu'auparavant, notamment à quel point ça peut être laborieux de toujours monter, au point où on se demande si on y arrivera. Mais mon moral est fort et le défi est de moitié aujourd'hui. Je complète le deuxième aller-retour.

Pour la section finale, il me faut répondre à la question : qu'est-ce qu'un Demi-Monumental? Dans ma tête c'est environ 2 tours et demi, soit environ 27.75 km. Je croyais à l'origine me rendre au Belvédère pour compléter la moitié d'une boucle, mais avec les détours de la construction j'ai dû ajouter un peu de distance. Je fais donc ça approximativement, et mieux vaut un peu plus qu'un peu moins. Je constate dans cette dernière montée que mes jambes ne supporteraient pas d'en faire beaucoup plus de toute façon, je commence à faiblir et avoir hâte d'en terminer. Même la descente me paraît longue, mais au moins je n'ai pas de crampes comme j'avais eu dix ans plus tôt, tout se déroule parfaitement malgré mon entraînement quelque peu déficient.

La course aura été beaucoup moins officielle cette fois-ci puisque je la faisais sans dossard et en solo, par contre le plaisir et la nostalgie étaient définitivement au rendez-vous. La distance complétée aura été de 29.23 km selon Strava. Je suis de retour chez moi à 10:00 pile, manifestement tout s'est déroulé exactement comme prévu dans cette course, ce qui est plutôt rare pour moi, mais bien agréable!

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