Événement 56 - 25 juin 2016 - Festival Ultimate XC Kmag (St-Donat) - 38 km - 6:21:37 (10:03 min/km)

Puisque le Marathon de Philadelphie avait si bien été pour moi à la fin 2015, j'avais un plan de course plutôt ambitieux pour l'année qui s'annonçait : tout d'abord participer au Marathon des Érables à la fin avril, puis (possiblement) faire un ultramarathon en trail au Ultimate XC de St-Donat à la fin juin! Entre-temps l'hiver a quelque peu refroidi mes ardeurs et le marathon s'est vu rétrogradé en 30 km... avant de disparaître complètement suite à une erreur stupide : je me lève à 5h du matin le jour de la course pour me rendre à Mont-Saint-Grégoire, je ramasse mon dossard et au moment de me présenter à la ligne de départ... je m'aperçois que j'ai oublié mes souliers de course! Bravo champion!

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Pas question de courir avec de vieux souliers de marche usés, je sais très bien ce que c'est de se blesser et je connais trop bien les risques... ça fait quand même dix ans que je cours cette année! Je rentre plutôt bredouille et mon entraînement s'en voit encore diminué. Bref, l'ultramarathon devra attendre : je décide de me contenter du 38 km, ce qui n'est tout de même pas tâche facile!

Mon entraînement d'hiver s'est bien déroulé, j'ai généralement été courir trois fois par semaine à partir de la mi-janvier, avec une moyenne qui est passée d'environ 30 km par semaine à près de 50 km par semaine au mois de mai... vive le printemps! Gros changement cette année : par le passé je me suis toujours contenté de courir exactement 10.0 km lors de mes sorties de la semaine, mais maintenant je me suis découvert de très beaux parcours qui font environ 12-13 km. Ils passent notamment par le vieux St-Eustache et longent la Rivière des Mille Îles avant de revenir en boucle à Deux-Montagnes. J'ai eu le plaisir de courir très tôt le matin et de voir grandir des groupes d'outardes près des plages de la rivière, c'est vraiment très paisible et serein avant d'aller travailler... c'est ma méditation! Je prends fréquemment des photos lors de mes courses et je suis maintenant beaucoup mieux organisé depuis que j'utilise Strava, un réseau social pour athlètes qui offre un journal d'entraînement et affiche les parcours et efforts de nos amis. C'est génial et ça me motive à fond... et oui, j'ai toujours trop aimé les chiffres!

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Bon, fini les préliminaires, et si j'en venais à l'événement principal? J'ai participé au 21 km du Ultimate XC à Mont-Tremblant en 2011, année durant laquelle j'étais pas mal plus en forme qu'en ce moment (ahh, la vingtaine!). Je ne l'avais pas trouvé facile à l'époque, mais comme il faut bien se lancer des défis de temps en temps je voulais tout de même attaquer le 38! De toute façon je n'ai pas à me plaindre de la distance car il y a également un parcours de 60 km... ainsi qu'un aller-retour du 60, c'est-à-dire 120 km qui commençait la veille en après-midi avec une limite de temps de 27 heures! Oui, les 17 participants de cette distance ont couru en pleine noirceur dans la forêt toute la nuit sur un parcours réputé comme étant très technique et difficile... chapeau à eux!

J'ai dû me rendre au village de St-Donat la veille de la course afin de récupérer mon dossard car on ne pouvait pas faire autrement (aller-retour de 3h le soir de la St-Jean!), nous avons profité du souper spaghetti qui était bon mais pas assez volumineux à mon goût (un peu déçu de ce côté). Ça aurait été bien de permettre aux gens en provenance de l'extérieur d'éviter cet aller-retour qui gaspille temps et essence... mais bon, ils voulaient sûrement que les gens restent à l'hôtel.

Le lendemain matin des autobus nous emmène du village au site de départ, qui semble se situer dans le milieu de nulle part. En fait l'autobus s'arrête au bord du chemin à un certain moment et on se fait dire de débarquer car c'est là qu'a lieu le départ. Il y a une trail dans le bois et c'est par là que nous courrons, après que tout le monde ait fini d'uriner sur le bord de la trail (incluant ces dames) et qu'on nous ait expliqué le règlement, notamment au niveau de la limite de temps de 7h30.

Le départ est donné et presque immédiatement nous nous retrouvons à courir dans du « single-track » qui longue un ruisseau. Ça donne immédiatement le ton à la course, car ce sera dans ce genre de trails qu'une bonne partie du parcours se fera. Le terrain est extrêmement accidenté : racines, branches, arbres tombés, roches, buttes, végétation, ruisseaux, etc. En fait le terrain à cet endroit est même trop rough et inégal pour pouvoir y aller en VTT!

Résultat? La nature est magnifique. C'est exactement le feeling que je cherchais en m'inscrivant à cette course, un sentiment de liberté et un immense défi. Évidemment plutôt qu'admirer le paysage on doit presque toujours regarder par terre pour éviter de chuter, mais ça fait partie du jeu. Seul petit hic : les mouches et les taons vont voraces, et je réalise que ce n'était probablement pas une bonne idée de prendre ma douche avant de partir... apparemment les mouches à chevreuil aiment bien le Herbal Essences! Malgré la course j'en ai presque toujours dans les cheveux et c'est plutôt énervant... la prochaine fois j'aurai une casquette ou un bandana. J'ai mis de la crème solaire mais j'ai décidé de laisser le stuff à mouche dans l'auto, mauvaise décision!

Le parcours est rarement plat mais il possède quatre monts principaux. Évidemment nous sommes frais et dispos pour la première ascension majeure, mais déjà la deuxième semble interminable car c'est une montée de plus de 300 m qui s'étend sur plus de 3 km, la Montagne Noire. Il y a un très beau point de vue, cependant je n'ai malheureusement pas vu (j'ignore si c'était visible de notre trail?) la fameuse ruine de l'avion militaire qui s'y est écrasé il y a plus de 70 ans, un bombardier transportant 24 jeunes militaires canadiens, l'une des pires tragédies du genre au Canada. L'épave est restée mystérieusement cachée dans la forêt pendant trois ans avant qu'on ne la découvre enfin! (source : La Presse)

Après cette montée spectaculaire, c'est au tour de la descente spectaculaire! Un dénivelé négatif d'environ 500 m sur 2.6 km, ça fait du bien! Il y avait toutefois un avertissement dans l'infolettre avant la course : « Attention!!! Si vous décidez d'ouvrir la machine, vous aurez la sensation que vos quads voudront exploser. » Comme je trippe vraiment sur les descentes, je crois être un peu tombé dans le panneau... je m'y suis vraiment donné à fond, c'était vraiment trop agréable de descendre à toute vitesse!

Nous passons par certains cours d'eau (ruisseau ou lac), mais par la suite nous arrivons à un tout autre défi : le Vietnam! Pour citer les organisateurs : « Puisque nous avons dû éviter d'utiliser la route, nous avons trouvé une route sans sentier à travers les bois (cette section a été surnommée le Vietnam). Après ce 2.5 km qui vous semblera plus comme un 5km, vous rejoindrez une section de marécage qui connectera à un ruisseau et qui vous permettra de traverser la route 329 dans un tunnel sous la route dans près de 60cm d'eau. »

Évidemment pendant les montées intenses et les marécages, je suis davantage en mode randonnée qu'en mode course. Les marécages étaient parfois vraiment plus creux que ce que l'on pouvait imaginer, je me suis enfoncé dans la boue jusqu'à mi-cuisse à un certain moment et j'ai eu peur d'y perdre un soulier! Il fallait aussi faire attention de bien suivre les rubans roses, car bien qu'amusant, ce n'est pas un segment que l'on veut nécessairement refaire! J'ose à peine imaginer les coureurs du 120 km qui l'ont fait en pleine nuit... une chance que la semaine précédant l'événement a été plutôt sèche!

Nous avons l'occasion de changer nos souliers à la station de ravito suivante. Avant la course je n'étais pas certain d'en avoir besoin, mais quel soulagement d'avoir apporté une paire de rechange! Entre la station qui était vraiment généreuse (fruits, coca-cola, ravito, carrés aux figues, bonbons, etc) et les nouveaux souliers qui ont apaisé une douleur qui commençait sous mes pieds, quel rafraîchissement! Pendant un moment je me sentais vraiment en pleine forme, comme au départ... mais évidemment les côtes ont continué et elles ont quelque peu freiné mon ardeur! Bien que nous étions souvent couverts par les arbres, la température a dépassé les 30°C (sans compter l'humidex) et l'effort a commencé à se faire sentir.

En fait c'est surtout deux stations plus loin, quand il restera environ 11 km, que mes quadriceps décideront de commencer à me donner du fil à retordre. Il faut dire que le temps passé pour arriver jusque-là se compare au temps d'un marathon! Bref, mon rythme pour le reste de la course devra être beaucoup plus relaxe, et c'est là que je paierai pour les folles descentes faites en début de parcours : mes quads feront tellement mal lors des prochaines descentes que j'essayerai parfois de les faire à reculons ou en m'aidant de mes mains! Probablement pas optimal comme technique, il faudrait bien que je lise là-dessus.

Le dernier gros effort est la « côte de l'enfer ». C'est une montée moins prononcée que la Montagne Noire, mais elle est beaucoup plus apique... et elle est en fin de parcours sous le gros soleil! Tous les gens autour de moi ont eu énormément de difficulté à la monter, même en marchant très lentement. À chaque fois qu'on pensait être rendu au sommet, le chemin tournait légèrement et on découvrait qu'il en restait encore et encore! J'ai réussi (avec grands efforts) à ne pas arrêter pendant la montée, j'ignore si j'aurais été capable de continuer autrement.

La dernière section était techniquement beaucoup plus facile, mais j'étais complètement drainé après plus de six heures de course alors je l'ai tout de même trouvé très difficile, d'autant plus que nous étions beaucoup moins couvert en fin de parcours. Il faudrait probablement que je révise mon plan de nutrition pour de très longues courses, je ne crois pas que mes gels et jujubes soient suffisants... à voir pour une prochaine fois! Le parcours se termine au Parc des Pionniers à St-Donat, sur le bord du Lac Archambault qui possède une belle petite plage pour se rafraîchir et un superbe BBQ pour se récompenser!

La course est extraordinaire et je la recommande à tous les amateurs de course en trail. Cependant en rétrospective j'ai des sentiments mixes à l'égard de mon expérience ; bien que je sois fier d'avoir réussi mon défi de 38 km, j'utilisais cette course comme « test » à savoir si je veux (peux?) faire des distances encore plus longues dans un avenir proche mais j'étais vraiment au bout de mes capacités. Évidemment ça aurait aidé si je m'étais entraîné davantage en côtes ou en trail, même s'il n'y en a pas beaucoup près de chez moi. Je suis indécis à savoir si mon prochain gros défi sera un marathon traditionnel sur route ou bien une autre course en forêt de la sorte... à suivre!

PS : Bravo et merci aux bénévoles extraordinaires qui ont passé une partie de leur St-jean à organiser cet événement, et certains qui sont même restés la nuit pour aider les coureurs du 120 km!

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